Une nonagénaire qui a concilié labeur et bonheur

JPG |  Riex, Epesses, Cully sont profondément ancrés au fond du cœur de la nouvelle nonagénaire. Il faut savoir qu’Huguette Chollet est née le 10 juillet 1926 à la Bastioulaz pour y croire. Celle pour qui le travail est un maître mot depuis son enfance, témoigne qu’il maintient en forme. Elevée avec sa sœur Alice dans ce hameau sis au-dessus d’Epesses, elle se rendait à pied à l’école au village. Ayant eu des velléités de devenir couturière puis infirmière, ce fut une fin de non-recevoir parental, les vignes offrant suffisamment d’occupation…

Originaire de Maracon par son mari Gilbert Chollet, alors qu’elle était née Bovard, elle donna naissance à un fils, Jean-François. La famille, alors devenue vigneron-tâcheron pour l’Hôpital des Bourgeois de Fribourg à Riex, s’agrandit avec la naissance de deux filles, Denise et Pâquerette. Femme au foyer, au sens propre et figuré, Huguette Chollet s’affairait pour les effeuilles et les vendanges à prendre soin de 30 à 40 personnes venues d’Italie, du Portugal et d’Espagne. De plus, elle bichonnait de vastes jardins pour se consacrer, le dimanche, à repasser ou à raccommoder. Les nuits étaient courtes et comme le dit sa fille Pâquerette, «les vacances n’existaient pas et, tout en chantant, elle était attentive à notre bien-être, ne pensant jamais à elle».

C’est dans sa petite maison En Bellevue, sur Epesses, où elle réside depuis 1973, que la municipale Nicole Gross et l’huissier de la commune de Bourg-en-Lavaux ainsi que la pasteure Aude Roy, lui ont apporté cadeaux et vœux officiels le 8 juillet 2016, où elle avait le bonheur d’être entourée d’une grande partie de sa famille. En effet, outre ses trois enfants, elle a le plaisir de compter sur sept petits-enfants et sept arrière-petits-enfants. Son mari étant décédé lors de leur arrivée à Bellevue en 1973, elle se retrouva avec encore plus de travail, dans le désarroi. Mais elle ne baissa jamais les bras, bien que confrontée seule aux travaux de l’année vigneronne.

Ses amis, la joie de chanter l’ont aidée à maintenir la tête hors de l’eau. Elle participa pleinement à la vie associative. Elle chanta 43 ans au défunt Chœur mixte de Cully, dont 16 ans comme présidente; elle fit partie du Conseil de paroisse, des Paysannes de Lavaux, des Samaritains. Sur le plan politique, elle s’est toujours battue pour défendre ses idées, n’ayant peur de rien ni de personne, mais toujours en termes cordiaux comme l’a relevé Nicole Gross, alors syndique d’Epesses. Et c’est toujours très en verve, relatant moult souvenirs, qu’elle a remercié les ambassadeurs de ce 8 juillet 2016.

Depuis quelques années, elle a renoué avec un ancien copain d’école qu’elle n’avait pas revu depuis 68 ans, Roger Maillard, avec qui elle passe des jours heureux devant ce paysage béni des dieux qu’est cet incomparable Lavaux.