Un virus qui affecte de plus en plus notre société

De bleu, de bleu

Gérard Bourquenoud  | Chaque époque a sa vogue et sa mode. Tout passe et tout recommence. Depuis quelques années, une pernicieuse maladie sévit un peu partout en Suisse. La société n’arrive pas à la combattre. Cette maladie est en effet caractérisée par une fièvre particulière. Pour l’heure, j’en ignore l’appellation latine, mais dans le langage courant nous l’appelons : « la fièvre de la contestation. » Elle menace toujours plus de monde. Comme une attaque de pucerons, elle se manifeste rapidement. Le mal prend subitement une ampleur à remuer les esprits.  La décision d’un comité, d’un promoteur, d’une association, de politiciens, fait très fréquemment l’objet d’une contestation et peut même provoquer le lancement d’une pétition. L’autorité, à tous les échelons, est en proie à des difficultés du fait que les décisions ou projets sont trois fois sur cinq contestés. Chacun est devenu extrêmement susceptible. Même si l’intérêt personnel n’est pas en jeu, on intervient par idéal. Cela fait bien dans le paysage, cela donne une certaine notoriété sans parler de la publicité faite autour de l’intervenant. Ne serait-il pas mieux indiqué de dialoguer et de s’expliquer autour d’une table afin de trouver une solution, du moins un compromis. Il est toujours possible de s’entendre et se comprendre, même si les opinions divergent. Nous avons eu vent que bon nombre de personnes et même des politiques ont l’intention d’intervenir auprès des autorités tant cantonales que fédérales pour exiger l’interdiction, à l’avenir, de lancer des pétitions, alors que la contestation, elle, risque bien de faire encore des ravages. Et même si elle n’est pas toujours appréciée par tout un chacun, elle a cependant du bon et permet parfois d’améliorer les projets, de réexaminer plus à fond un investissement, de prendre une décision plus équitable qui, très souvent, est bénéfique à toute la communauté, pour ne pas dire à toute la population!