Oui à la nouvelle loi sur le logement (LPPPL)

Les Vaudois connaissent depuis des années une situation inacceptable de pénurie de logements. Il y a sur tout l’espace du canton à peine plus de 3000 logements vacants dont nombre sont à vendre ou alors offerts à des loyers prohibitifs. Or, après des années de discussions et de débats parlementaires, une solution de consensus a enfin vu le jour autour d’une nouvelle loi sur le logement, la LPPPL, qui remplace deux anciennes lois que la droite s’est évertuée à vouloir supprimer, les jugeant trop contraignantes. Or, la nouvelle loi ne s’appelle pas en vain Loi sur la Préservation et la Promotion du Parc Locatif. Elle garantit aux locataires d’être consultés et informés sur les coûts des futurs loyers en cas de rénovations importantes. Elle offre aux communes et aux investisseurs de nouveaux outils permettant d’inclure des quotas de logements d’utilité publique (LUP) – une innovation –  dans les plans de quartier et même des bonus de surfaces à bâtir pour les promoteurs. En outre, un droit de préemption permet aux communes d’acquérir en priorité des terrains pour y faire construire ces logements d’utilité publique qui correspondent à un réel besoin de la population. Jusqu’alors, des mesures cantonales avaient été prises afin de permettre aux communes de favoriser la construction de logements. Mais la majorité d’entre elles en ont profité pour donner la priorité à des logements de luxe ou à l’implantation de villas et de PPE qui garantissent des contribuables très cossus. Et c’est une telle tactique que les milieux immobiliers voudraient garantir, quoi qu’il en coûte aux locataires. Pourtant, le simple bon sens permet de remarquer que si c’était là une option favorable à la lutte contre la pénurie de logements, cela se saurait! Voilà des années que la pénurie de logements à un prix abordable sévit sévèrement pour les jeunes, les familles, les retraités, la classe moyenne. C’est le résultat de cette politique de gribouille. Eh bien, sans la moindre vergogne, ce sont justement ces milieux qui ont lancé le référendum contre la nouvelle loi LPPPL; le vote aura lieu le 12 février.

Le POP regrette certes que l’Asloca, croyant donner plus de chance à la LPPPL, ait retiré son initiative «stop à la pénurie de logements» que le groupe POP solidaritéS a soutenue au parlement. Mais aujourd’hui, il ne saurait être question de laisser sans réagir les milieux immobiliers mener seuls la danse dans la question du logement. C’est donc un oui déterminé à la LPPPL qui sera la meilleure réponse.

Christiane Jaquet-Berger – Députée POP au Grand Conseil