Oron-la-Ville – Réouverture de la Librairie du Midi

Nicolas Sandmeier et Jeannette Heinzer

Luc Grandsimon | Suite à la réouverture de la Librairie du Midi dans la Boutique du Rêve de Jeannette Heinzer, nous avons décidé de leur donner la parole. L’un des propriétaires, Nicolas Sandmeier a bien voulu répondre à nos questions. 

Bonjour, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs?
J’ai un CFC de libraire et nous étions en même temps (1997) employés par la même librairie dès la fin de l’apprentissage et… comme il est souvent dit, on trouve facilement l’âme sœur au travail… 
Ensuite divers et différents employeurs pour les deux et en 2004 nous reprenons la Librairie du Midi à Anouk Hutmacher (sa fondatrice) et c’est le début de l’aventure librairie à la campagne pour les urbains que nous sommes (j’ai passé mes 25 premières années à Genève… hem). Et depuis le (presque) bonheur, travailler à Oron ou plus généralement à la campagne a été bien plus gratifiant qu’à la ville. Enfin, je suis plus logistique et Marie Musy plus communicante.

Comment s’est passée votre recherche d’un nouveau local?
Très facilement, nos amis ont formé un groupe d’aide qui s’est retrouvé le mardi juste après l’incendie du vendredi 11 janvier 2019. Anouk a évoqué Jeannette Heinzer de la Boutique du Rêve qui, d’après elle, cherchait à partager son espace, nous sommes passés à la boutique le mercredi matin et sommes très vite entendus sur le principe et, plus important, avec Jeannette, puis il a fallu patienter…

Qu’est-ce qui a été le plus dur?
La visite de la librairie dès la levée des scellés de la police (environ deux semaines après l’incendie), tout était détruit: le feu à l’arrière de la librairie (bureau et rayon jeunesse), l’eau partout et l’étayage qui a encore rajouté au spectacle de désolation. Après on pense aux livres définitivement perdus, pour certains c’est encore un crève-cœur, car pas recommandables. Puis apprendre la patience… assurances, rapports d’incidents, détails des pertes, etc.  

Comment va se passer la restructuration de la libraire?
Un pas après l’autre, je n’ai pas encore reçu la réponse de l’ECA pour les pertes, donc je n’ai pas beaucoup de moyens maintenant pour reconstituer une librairie digne de ce nom, même si je sais qu’une réponse va me parvenir prochainement, mais quelle réponse? Soyons clairs, combien seront couverts? Donc rien n’est encore gagné et, en toute franchise, je ne sais pas si la librairie se relèvera même si j’ai de grands espoirs.

Vous vouliez absolument rester à Oron, pouvez-vous nous parler de votre attachement à la ville et à ses habitants ?
Comme dit plus haut, pour l’urbain que je suis (Marie a vécu plus jeune à la campagne), la découverte de la gentillesse et du calme de la plupart de nos clients a été incroyable pour moi/nous. Le tissu social (même si tout n’est pas parfait, soyons réalistes) de la région et des habitants est étonnant. J’en profite pour remercier tous les gens qui nous ont aidés de diverses manières ces dernières semaines, cela a été incroyable!!! Tant de solidarité nous a beaucoup émus et nous «oblige» presque à reconstruire la librairie. Merci encore à tous et toutes!!! 

Vous êtes la seule librairie dans un rayon de 20 km et vous êtes connu jusque dans le Valais, quelle est votre recette ?
Comme beaucoup d’autres, le monde du livre est petit et dès que l’on se bouge et qu’on fait un peu de vacarme cela se sait. Marie s’est beaucoup impliquée dans les divers moyens de communiquer (réseaux sociaux entre autres) et notre spécialisation dans la littérature américaine nous a démarqués. En plus, avec le festival L’Amérique à Oron, nous sommes à mon avis plus connus à Paris, au niveau des libraires, des éditeurs, que dans le Valais. Mais bon, sérieusement il n’y a pas de recette et je ne pense pas que l’on soit aussi connu que ça.

Pouvez-vous nous parler de l’avenir de la librairie?
Comme dit plus haut, au coup par coup, mais si tout va bien, peut-être une librairie plus belle, plus grande et plus pratique. Recréer est assez grisant, mais aussi dangereux, là encore patience et bonne mesure, ne pas trop se précipiter. Nous verrons bien. Je n’ai pas envie de faire le libraire autrement ou ailleurs pour le moment, pour Marie c’est différent, elle pense à se réinventer… encore une fois nous verrons bien.

La Boutique du Rêve / La Librairie du Midi
Route de Palézieux 5, 1610 Oron-la-Ville
Téléphone 021 907 73 20