NON à une taxe exponentielle sur l’énergie

Guy-Philippe Bolay, député, Lutry | Le 8 mars prochain, le peuple devra se prononcer sur l’initiative «Remplacer la TVA par une taxe sur l’énergie», lancée par les Vert’libéraux. Ces derniers veulent remplacer la principale recette de la Confédération par une lourde taxe sur l’essence, le diesel, le mazout, le gaz et l’électricité. Ce bouleversement majeur aurait bien évidemment de lourdes conséquences pour les consommateurs, pour l’industrie d’exportation et pour les finances publiques.

A moins d’être domiciliés à côté de leur lieu de travail et d’avoir la chance d’habiter dans un immeuble exemplaire en matière énergétique, les ménages seraient massivement pénalisés. La facture d’essence serait multipliée par trois et la facture d’électricité par 2,5. Quant à la facture de chauffage, là où l’on recourt au mazout, elle serait également multipliée par trois. A cela s’ajouteraient d’autres éventuelles taxes sur «l’énergie grise», prévues dans l’initiative mais qui restent totalement floues. On peut cependant être certains que pratiquement tous les produits renchériraient, en raison des coûts supplémentaires de transport.

En tant qu’impôt sur la consommation, la TVA a l’avantage de concerner tout le monde, avec une recette stable et prévisible, qui suit l’évolution générale de l’économie. La taxe sur l’énergie, au contraire, n’aurait qu’une base d’imposition extrêmement restreinte, à savoir ceux qui consomment de l’énergie. A cela s’ajoute une évolution financière catastrophique à moyen terme. Avec une taxe massive, le prix des énergies va fortement augmenter et leur consommation va dès lors baisser. C’est le but des initiants. Sauf que, pour garantir le remplacement financier de la TVA, il faudra augmenter régulièrement la taxe, jusqu’à 5 francs le litre d’essence par exemple. Pour garantir le financement des tâches publiques, il ne faut pas jouer aux apprentis-sorciers. Je vous encourage à voter NON à cette proposition.