Mézières – Avec les enfants de Palestine

Une nuit du conte main dans la main

Fatmeh et Lorette sous les yeux équarquillés des enfants

Marilou Rytz. |. La Palestine, est-ce vraiment loin? Vendredi 8 novembre au soir, à l’aula du collège du Raffort, c’était tout proche. Proche comme le souffle de l’ogresse, qui caresse le cou de trois chevrettes imprudentes. Proche comme la chambre du roi qui a enlevé la belle Jbene. Proche comme les figues dans l’arbre où se cache Didoun. Proche comme Fatmeh Askar, proche grâce à elle, à l’arabe qu’elle chante ou conte, grâce à son regard, grâce à Lorette Andersen qui traduit pour nous. Vendredi, la Palestine était invitée à Mézières par la voie des contes. Deux capitaines de tapis volants, deux femmes extraordinaires. La première a pris sa langue, sa douceur et les images de son pays pour nous les offrir avec générosité et talent. La seconde l’a accompagnée, permis l’échange, le rêve, la rencontre. Toutes deux ont créé ce spectacle pour la bibliothèque publique du Jorat, d’après un livre de contes réalisé avec des enfants palestiniens issus de quatre milieux: un camp de réfugiés, un village, une tribu bédouine et la ville de Bethléem. Le projet a été lancé par l’association Les amis des enfants de Bethléem. Ce livre existe en arabe et en français, et les illustrations ont été réalisées avec les enfants. Vendredi, ces contes ont pu vivre différemment, porté par les voix de Fatmeh et de Lorette, l’arabe et le français, par leur regard qui nous rappelle que les contes comme les yeux sont des langages universels.

Fatmeh et Lorette sous les yeux équarquillés des enfants