Le sponsoring ?… Le champion en est une illustre démonstration!

Il était une fois… le mécénat…

Pierre Scheidegger, Panathlon- Club de Lausanne  |  On aimait les arts, une forme de renouveau après une longue période d’obscurantisme. C’était le silence d’un certain anonymat cherchant à promouvoir artistes, musiciens, peintres, sans oublier les lettres et… la science. Les nobles et grandes familles aimaient à s’entourer d’artistes dès la renaissance italienne, tout en leur offrant le gîte et protection. Les Borgia, Médicis et autre Sforza, personnalités dont l’influence était sans détours, connaissaient l’art, tout en choisissant en tant qu’experts reconnus, leur collection personnelle. Cet engagement se devait de principe non lucratif et non concurrentiel. Le soutien à l’artiste n’exigeait pas de contrepartie immédiate et parfois, sur le désir des mécènes, ces derniers avaient l’avantage de se déplacer hors de leur pays pour acquérir  nouveautés et renouvellement de leur art ou souvent… la célébrité! 

Alors… et le sport?

Il faut reconnaître que sur la planète sportive, on oublia le mécénat. Avec un certain recul il est vrai, on peut, sans trop se tromper, admettre que l’objectivité désintéressée du mécène a laissé «porte ouverte» à une société beaucoup plus encline au marketing économique, soit pour le sport l’avènement du «sponsoring»! 

Le sponsoring… de complaisance!

Quel club, quelle société ou autre manifestation n’ont pas eu recours à l’appel de fonds auprès des institutions et commerçants de «leur» région? Peu… très peu! Découlant d’une forme de publicité «régionale», on l’appellera sans être péjoratif un sponsoring de complaisance, de reconnaissance, voire d’amitié. Cependant, cette relation est souvent très limitée de territoire tout en gardant son attrait régional. Acceptons pourtant que peu de manifestations, même de clubs et sociétés, pourraient garder droit de cité sans cette «union» incontournable de nos régions. C’est une chance qui a, néanmoins, ses limites. 

Instruments de marketing?

Sur un plan général, il faut le reconnaître, plus on va à la rencontre du consommateur en reconnaissant les divers aspects quasi psychologiques relatifs aux motivations d’achat de ce dernier, on doit également avouer qu’ils revêtent un aspect important dans le marketing de haute consommation. Les marques de produits «sportifs» l’ont bien compris qui, en premier lieu, en ont fait une publicité partielle puisque basée principalement sur le nom du produit. Ce fut surtout une attitude positive, acceptée par le consommateur car liée aux plaisirs de la pratique de son sport.

Evolution ? 

Pour qui?… Les principales difficultés d’un jeune sportif à la recherche de fonds pour s’ouvrir certaines libertés à la pratique de son sport sont de plus en plus restreintes. S’il n’a pas quelques résultats d’importance, titres majeurs et encore… tout relatifs selon le sport qu’il pratique, il  devra user de beaucoup de patience. D’autant plus que chacun frappe à la… même porte. Tout en sachant que le but premier est une publicité visée pour la vente d’un produit, la promotion par le sport, l’investisseur attendra pour choisir «le» champion! Il faut reconnaître que l’évolution par l’usage du sponsoring a permis des résultats commerciaux étonnants, grâce aux succès de  sportifs… «porte-drapeau», dont la plupart des grandes marques commerciales ont sollicités. Il est vrai aussi que l’on ne peut accuser ou accabler à la légère ces dernières comme «exploitant»… des sportifs! Cela a aussi permis la reconnaissance et le développement de bien de nouveaux sports, appelés… modernes! On peut pourtant se poser la question de savoir si cette relation, devenue sans complexe, autorise le grand public à se sentir lié, non seulement au sportif mais bien à l’entreprise ou à une manifestation.

La manifestation? 

Acceptons, qu’à ce jour, l’événement sportif quel qu’il soit, est étroitement lié par de grandes «industries» dont le magnétisme est, acceptons-le, suffisant pour influencer une image subjective sur le consommateur. Principalement sur le jeune consommateur, soit le jeune sportif! Le champion en est une illustre démonstration! On laissera chacune et chacun de se faire une idée sur les principaux avantages et inconvénients liés à cette… «modernisation» de la promotion du sport!