Lavaux / Corsier-sur-Vevey – Vendanges 2019: qualité et quantité sont au rendez-vous !

Le Courrier donne la parole aux vignerons et vendangeurs.

Ah les coquins! Coup de chaud pour Philippe Modoux… En effet, ses amis vendangeurs avaient décidé de lui faire une petite farce en lui présentant des résultats de sondages de degrés Oechsle inférieurs à la norme, ce qui faisait passer le produit de «ses» vignes, et donc le vin de la commune d’Oron, en «vin de pays»! Il a retrouvé son sourire deux heures plus tard et a alors finalement pu passer, paraît-il, une très bonne nuit!

Propos recueillis par Michel Dentan | Nous avons recueilli les impressions et commentaires de quelques vignerons et vendangeurs. La plupart sont unanimes à déclarer que cette année 2019 est véritablement exceptionnelle et qu’elle produira des nectars de haute qualité qui raviront les plus fins palais.

Robert Chevalley, vigneron-encaveur, Rivaz: «Cette année, le problème était la météo. Trop sec au départ, puis après trop d’eau, mais surtout de grosses averses qui avaient tendance à inonder. Nous avons aussi eu quelques grêlons, très fins, mais suffisamment puissants pour piquer le raisin et amener de la pourriture. Au niveau de la quantité, il y a un tout petit peu moins que l’année dernière. Nous serons même un peu au-dessous des quotas, même si ceux-ci ont été abaissés cette année. Au niveau de la qualité, c’est bon. Nous avons environ 80 degrés Oechsle pour le blanc. Pour les rouges, nous sommes à environ 105 pour le Pinot noir et 96 pour le Gamaret. Comme vous le voyez, nous sommes entourés d’abeilles qui se délectent du raisin récolté. Nous n’utilisons maintenant pratiquement plus de produit de synthèse. Cela démontre bien que nos traitements ne perturbent en aucune manière le développement de celles-ci qui sont ici en très grand nombre.»

Béat-Louis Bujard, vigneron, Aran: «Au niveau quantité et qualité, il y a ce qu’il faut. Nous sommes dans une année normale avec des sondages qui correspondent à la moyenne des 20 dernières années, avec cependant une très légère baisse dans les rouges. Le marché est devenu un peu plus difficile. Nous faisons de belles vendanges, dans une belle ambiance. Nous sommes dans un millésime traditionnel, ni dans les trop chauds, ni dans les tardifs. Tout roule! Nous n’avons pas eu de maladie, un état sanitaire propre. Peut-être un tout petit peu trop d’eau à la fois qui n’a pas eu le temps de pénétrer dans le sol. Pas eu de grêle, pas eu de gel. Je suis super content. On rentre du beau raisin, on a une super qualité. On est dans l’amour et le partage. J’aime bien mettre en avant mes collaborateurs, Goran et son épouse Snezhana qui, dans l’ombre, contribuent, l’année durant, et d’une manière impressionnante, à soigner mes vignes. Moi, je ne suis qu’un vecteur.»

Pascal Dance, vigneron-encaveur, Aran: «La qualité de cette année est juste ma..gni..fique ! Je n’ai jamais vu une qualité pareille. Il y a un équilibre acidité, sucre, tant dans les blancs que dans les rouges. Pour les quantités, nous avons environ 20% de moins dans les rouges. Pour les blancs, notamment pour le Chasselas qui est notre principale spécialité, il y a beaucoup. Nous serons dans les quotas. Nous fêtons cette année, avec mon épouse Cécile, nos 30e vendanges et nous avons la chance qu’il s’agisse, je le répète, de vendanges magnifiques. Je suis très très content de cette année 2019. Et n’y a eu aucune maladie sur les raisins. De plus, nous avons signé la charte de l’œnotourisme, nous pouvons recevoir du monde et expliquer la vigne. J’ai ce que je nomme un petit jardin botanique avec plusieurs cépages servant à la présentation de ceux-ci. En bref, je suis très heureux!»

Philippe Modoux, municipal des vignes, Oron: «Cette année, c’est l’une des plus belles récoltes de rouge. Pratiquement pas de pourriture, quasiment pas de raisins secs. Les sondages tournent autour des 95. Pour le blanc, les sondages officiels ont donné les chiffres de 76 et 79. Nous aurons donc à nouveau un Chardonne «Grand Cru», que nous avons d’ailleurs pratiquement toujours obtenu. Les quantités devraient être plus ou moins pareilles à l’année dernière. Concernant les quotas, ils ont diminué pour le blanc. Ceci signifie que pour la commune d’Oron, cela va nous faire environ 2000 litres de moins, c’est-à-dire que nous passerons de 13’000 à 11’000 litres.»

Olivier Paley, vigneron-encaveur, Chexbres. Elève, traite et bichonne les vignes du Clos d’Oron jusqu’aux vendanges: «Le raisin est magnifique. C’est une belle année. Les quantités sont largement présentes et il a donc fallu beaucoup couper.»

Pascal Fonjallaz, vigneron-encaveur, Epesses. Vignifie le blanc du Clos d’Oron: «En principe, les années des Fêtes des vignerons n’ont jamais été des années grandioses. Par contre, et contrairement à ceci, cette année est une année magnifique. Il n’y a aucune pourriture. C’est donc un superbe millésime, tant dans les blancs que dans les rouges. Et cette année, nous avons eu de la chance. Nous avons dû faire deux traitements de moins sur la vigne. Pour ma part, j’ai cessé de traiter au 30 juillet alors que d’habitude, nous le faisons jusqu’au 10 août.»

La danse des raisins… dans les vignes de Pascal et Cécile Dance, d’Aran-Villette
La magnifique récolte est transférée dans les cuves avant d’être acheminée au pressoir de Pascal Fonjallaz à Epesses
Quelque 18 très fidèles vendangeuses et vendangeurs s’étaient donné rendez-vous à Corsier-sur-Vevey pour la traditionnelle récolte de la vigne du Clos d’Oron, Chasselas pour le blanc, Gamaret et Garanoir pour le rouge
Cécile et Pascal Dance, à Aran, heureux et unis, devant leur pressoir, célébrant cette année leurs 30e vendanges
Pascal Dance occupé à l’opération quotidienne de pigeage, consistant à enfoncer le chapeau de marc flottant au sommet de la cuve dans le moût liquide
La famille Chevalley dans leurs vignes de Rivaz, avec de gauche à droite : Robert, et ses deux fils Jean-Christophe et Vincent
Goran et Snezhana, les très précieux collaborateurs de Béat-Louis Bujard dans les vignes surplombant à Aran