«Notre Dame» – La claque n’est décidément plus d’actualité

«Notre Dame» Fiction, comédie de Valérie Donzelli 

Colette Ramsauer  | Avec pour décor la Ville Lumière, Valérie Donzelli nous présente son cinquième long métrage, devant et derrière la caméra. Une comédie s’inspirant de son univers d’artiste, sur un scénario écrit avec Benjamin Charbit. Réalisé avant l’incendie du 15 avril dernier, le film laisse une trace de Notre Dame de Paris qui ne sera plus jamais comme avant. Une bonne raison de courir le voir.

Vedettes à l’affiche 

Le rôle principal emprunte le nom de Maud Crayon (Valérie Donzelli) début de quarantaine, architecte en recherche d’autonomie, deux enfants. Elle s’entoure de vedettes de films et de séries actuels: Thomas Scimeca, le père des enfants, un fichu bonhomme; Samir Guesmi, son patron avec qui elle ne s’entend pas; Bouli Lanners, un collègue de travail bienveillant, et Pierre Deladonchamps, un amour d’antan qui refait surface, pour une histoire à rebondissements où chacun prend sa claque, au propre comme au figuré. Dans ce contexte et alors que les antennes radiophoniques ne diffusent que de mauvaises nouvelles, Maud emporte le prix inespéré d’un concours d’architecture: celui du réaménagement du parvis de Notre Dame. Dans une scène surréaliste qui semble annoncer un enchantement à l’Amélie Poulain, sa maquette, soulevée par une bourrasque dans Paris illuminé, termine son envol chez sa destinataire, la maire de Paris (Isabelle Candelier). Mais ne rêvons pas, le film nous immerge ensuite dans la polémique habituelle des Parisiens à chaque fois qu’il s’agit de toucher à l’esthétique de leur ville. 

Valérie Donzelli à droite du scénariste et Pierre Deladonchamps à droite d’une médiatrice. Locarno 2019

Des scènes nous emportent 

Dans le public, pas de rire déclenché par la constante prises de claques physiques, ni par le trop d’intrigues familiales de la protagoniste, sensées être drôles, qui fatiguent. Des scènes plus heureuses, version comédie musicale, comme celle des touristes envahissant l’appartement de Maud nous emportent au-delà. Idem celle quand l’acteur Pierre Deladonchamps, éblouissant en Maître Renard, fait l’apologie de nos peurs; une autre psychédélique à l’intérieur de la cathédrale dévastée depuis, et poétique avec le final emprunté aux Petites Fugues d’Yves Yersin. Un agréable moment de cinéma tout de même pour cette fin d’année. 

«Notre Dame» France, Belgique, 2019, 90’ Fiction, comédie de Valérie Donzelli – Avec Valérie Donzelli, Pierre Deladonchamps, Thomas Scimeca, Bouli Lanners, Virginie Ledoyen, Philippe Katerine et Isabelle Candelier