Jour et nuit en plein air avec 300 brebis

Gérard Bourquenoud | De la montagne où il a passé l’été, ce troupeau de plus de 300 moutons accompagnés de ses bergers, sont redescendus en plaine en octobre dernier et depuis quelques semaines ils parcourent la campagne vaudoise et fribourgeoise. Longs étaient les chemins des collines aux champs, le rêve de trouver de quoi se nourrir dans le froid et le silence qui, parfois, se brise par le vent qui siffle toute la nuit sur le troupeau et les bergers emmitouflés sous des arbres sans feuilles, le temps que la chute des flocons s’apaisent. Depuis quelques années, leur périple est plus facile à vivre, du fait qu’il y a de moins en moins de neige en plaine. En voyant de telles images, je voudrais retenir le temps qui s’éloigne de mon enfance. Tant de gestes sans importance m’ont amené à admirer et à respecter encore et toujours ces bergers qui déambulent avec leurs moutons dans la nature, par tous les temps, sans jamais se plaindre. L’âne qui les accompagne transporte la nourriture et les couvertures, sans oublier les chiens qui surveillent le troupeau et rassemblent les brebis sur une simple parole ou sifflement des bergers dont l’activité n’est pas à la portée de tout le monde. Lorsqu’ils se trouvent proche des villages, des habitants leur offrent du vin chaud et de quoi soulager le creux à l’estomac dans l’espoir de les requinquer. Les bergers comme les brebis sont contraints de dormir toutes les nuits à la belle étoile, au milieu de leurs moutons que la laine protège du froid. Et lorsque la neige est trop abondante et que le troupeau n’est plus en mesure de se nourrir en plein air, ce dernier n’a pas d’autre solution que de se réfugier dans un abri jusqu’à la fin de l’hiver. Encore faut-il trouver une étable assez vaste et du fourrage en suffisance pour autant d’animaux ? Une vie pastorale que celle de ces bergers qui ont l’air heureux, même s’ils ne retrouvent leur domicile fixe que durant trois à quatre mois d’hiver.