Fenêtre ouverte sur…

Penser nature, c’est la respecter

Gérard Bourquenoud |  Les vrais amis de la nature existent: on les rencontre se promenant joyeusement sac au dos par les chemins des forêts et les pâturages, ou bien, les yeux au sol, attentifs comme des limiers, à la recherche de champignons. Certains se donnent rendez-vous quelque part en montagne puis, ayant trouvé un endroit propice, s’éparpillent dans la nature, récoltant du bois pour la torrée. D’autres y découvrent le charme de l’herbe et des arbres, du chant des oiseaux et parfois des animaux sauvages. Il n’est pas rare, non plus, que des familles choisissent un joli coin écarté du bruit, déchargent leur matériel de pique-nique dans une oasis de verdure qui va permettre de vivre une journée décontractée au grand air. L’essentiel pour ces gens-là est de bénéficier d’un  endroit idéal pour cette détente dominicale. Ce qui est frappant pour bon nombre d’agriculteurs, c’est de constater que trop de pique-niqueurs abandonnent dans l’herbe, boîtes de conserves, bouteilles, emballages d’aliments, sachets plastiques et autres déchets qui s’avèrent dangereux pour le bétail. Et puis il y a les autres qui arrivent dans un pâturage avec leur voiture parce que marcher cinquante mètres, c’est trop pénible, qui installent tables et chaises, font la sieste dans l’herbe, se permettent de faire du feu et même d’enlever la clôture sans prendre la peine de la remettre en place. Et le transistor qui crache généreusement de la musique sous un parasol. Un phénomène de société qui pourrait être évité par respect pour la nature, le bétail et les agriculteurs. Après qu’ils ont passé toute la journée dans la nature, l’estomac plein et la tête vide, le cœur sec et l’imagination aveulie, las de s’être reposés, fatigués de n’avoir rien fait, ils s’en retournent chez eux, non sans laisser des traces de leur passage: papiers, chiffons, verres brisés et même de vieilles sandales. Ils ont vu la nature et son environnement sans penser un instant de ce qu’il adviendra de leur comportement. Il ne faut dès lors pas s’étonner  que certains paysans chassent les pique-niqueurs avec une fourche. Je ne peux que leur donner raison.

Respecter la nature, c’est aussi la contempler