En Grèce, le festival bien ancré de Pavlos Zannas

Parmi les nombreux festivals de cinéma actuels, GIFF, FIFF, NIFF et autres IFF il y a le TIFF: Festival international du film de Thessalonique.

Le Grand Théâtre de l’Olympion à Thessalonique
Photo © Colette Ramsauer

Un peu d’histoire 

Colette Ramsauer |  Le festival fut fondé en 1960 par le responsable de la cinémathèque de la ville, Pavlos Zannas. Au début, les prix de mise en scène, interprétation, techniques ou thématiques permettaient le financement de nouveaux films. Parce que distribués par l’Etat, la liberté d’expression se rétrécit du temps de la dictature des colonels. Des tensions naissaient entre les cinéastes ainsi financés et les autres, la plupart issus du cinéma d’auteur. En 1966, Pavlos Zannas fut emprisonné pour ses idées. La dictature des colonels mettait fin à ses efforts qui avaient réussi à faire de la Semaine du cinéma grec purement nationale, un festival international.

 Alexandre d’Or et d’Argent

Aujourd’hui, le festival se divise en deux manifestations distinctes, le TDF uniquement du documentaire, programmé au printemps et le TIFF, festival du film indépendant qui a lieu début novembre. Cette année, la 59e édition présentait 15 films internationaux, dont 3 grecs, premiers ou seconds films de réalisateurs prometteurs. Les prix portent le nom d’Alexandre, allusion très politique d’une revendication grecque de la mémoire d’Alexandre le Grand lié à la Macédoine, tout un symbole! Dimanche dernier au grand théâtre de l’Olympion, l’Alexandre d’Or récompensait Ray & Liz du réalisateur anglais Richard Billingham: le film suit une famille à la charge de la société  dans la banlieue de Birmingham. Plusieurs récompenses allaient au film Socrates du réalisateur brésilien Alex Moratto: un adolescent se retrouve livré à lui-même dans les rues de Rio après le décès de sa mère. 

Une salle à son nom

Situé face à la mer Egée sur la place Aristode, le grand théâtre de l’Olympion abrite deux salles dont l’une porte le nom de Pavlos Zannas. Hormis dans ce lieu, le festival se déroule à l’emplacement d’anciens dépôts de stockage du port, réaffectés en centre culturel. Un merveilleux endroit en bord de mer qui respire l’ouverture et la liberté. Osons espérer que le duo de festivals continuera à présenter des films dans l’esprit de Pavlos Zannas, qu’il reflète les réalités de notre époque et qu’il puisse mèner à la convergence des idées. Bien des films, documentaires ou non, montrent et informent plus que n’importe quel média. Ils sont autant d’armes de défense pour la démocratie.