Election complémentaire au Conseil d’Etat

Jean-Marc Genton, Député, municipal Forel (Lavaux) | Le 9 février, le peuple vaudois doit élire un conseiller ou une conseillère d’Etat afin de remplacer Jacqueline de Quattro, élue au Conseil national en automne dernier. Quatre candidats sont en lice pour le siège vacant. Disons-le clairement la grande favorite Christelle Luisier Brodard ne devrait pas avoir trop de problèmes à décrocher ce poste à condition toutefois que le peuple vaudois se déplace aux urnes. Le danger de voir un ou une inconnu(e) entrer au Conseil d’Etat existe, puisque les partis de gauche (socialiste et vert) ont refusé d’entendre la représentante du PLR. Ces deux partis appellent à voter Juliette Vernier, 19 ans domiciliée chez papa et maman sans aucune formation (24H du 20 décembre 2019). Il est surprenant de voir ces deux partis (gouvernementaux) majoritaires au Conseil d’Etat avoir aussi peu de considération pour une fonction pareillement importante que représente la charge de conseiller d’Etat. C’est à se demander pourquoi ces formations politiques n’ont pas lancé un candidat dans la course. Peut-être que la déconvenue reçue lors du deuxième tour des élections au Conseil des Etats leur a laissé un goût amer et que l’ambiance entre rose et vert n’est plus au beau fixe. Toujours est-il important de prendre cette élection au sérieux et je vous encourage Vaudoises et Vaudois à voter le 9 février prochain pour Christelle Luisier Brodard, une personne qui a fait ses preuves depuis de nombreuses années dans notre canton, puisqu’à seulement 46 ans, elle a été conseillère communale de 1997 à 2009, municipale de 2009 à 2011 et syndique de Payerne depuis 2011. Elle a également été membre de la constituante en 1999 et bien entendu elle est députée au Grand Conseil à partir de 2012. Christelle Luisier Brodard est une femme dynamique, qui est attachée au patrimoine et aux traditions de notre canton. Elle aime les nouveaux défis. Elle l’a prouvé dans sa commune, sa région et son canton. Elle défendra les valeurs de nos communes au Conseil d’Etat, j’en suis certain. Alors le 9 février, tous aux urnes avec un seul nom: Christelle Luisier Brodard

L’exode et le dilemme

Margarida Janeiro, 21 ans, Conseillère communale à Bourg-en-Lavaux | Comme bien des jeunes de ma région, en voulant quitter le domicile familial, je serais indépendante mais avec un dilemme. En prenant un logement pour moi, je vais probablement être contrainte de déménager dans une autre commune que celle où j’ai grandi, et même la région à laquelle je suis attachée. Cela impliquera donc de quitter aussi le Conseil communal où je viens d’entrer et suis la seule représentante de la tranche des 18-30 ans. Cette situation est aussi vécue par une foule d’autre jeunes qui désertent les campagnes pour le grand Lausanne, laissant et vieillissant la vie associative et la politique locale, les laissant sans relève. Pourquoi cet exode des campagnes? Il y a bien sûr de multiples raisons qui attirent les jeunes de ma génération vers la grande métropole, mais l’une d’elles est les loyers par rapport au salaire d’un job d’étudiant ou du premier emploi. C’est surtout le cas en Lavaux où les loyers sont élevés et la promotion immobilière des logements «de luxe» fait grimper les prix. Pour pallier à cela, l’initiative des logements abordables soumise au vote le 9 février, propose plusieurs mesures visant à freiner l’augmentation des loyers. Par exemple, que 10% de logements neufs doivent être à loyers modérés ou subventionnés. Bien sûr, dans le cas de Bourg-en-Lavaux, où la construction de nouveaux logements est contrainte, l’initiative propose également de protéger les loyers en cas de rénovations, dans les anciennes bâtisses de nos bourgs par exemple. Ainsi, les loyers sont protégés de l’augmentation par quelques mesures simples sans être très contraignantes. Et si les loyers sont élevés dans la région de Lavaux, le marché n’est pas beaucoup plus clément ailleurs, bloquant les jeunes chez leurs parents ou loin de leurs lieux de travail ou d’étude. Faciliter l’accès au logement pour les petits revenus des jeunes, c’est aussi garantir leur indépendance financière, tout en faisant des études ou en ayant pris un premier emploi. Il est clair que d’autres facteurs amélioreraient l’autonomie financière des jeunes et cela allègerait considérablement leurs charges et celles de leurs parents. Finalement, ce sont des mesures qui profitent non seulement aux jeunes mais aussi aux familles, qui peuplent nos communes et en assurent leur développement économique dont la clientèle de nos commerces locaux: le logement abordable permet de donner vie et couleur à nos régions.