Daniel Huguenin a affronté la vie avec courage

Merci de nous rappeler l’importance de la sincérité

Martine Thonney. |. Le temple Saint-Etienne de Moudon a vu affluer de nombreuses personnes en ce jeudi 9 mai. Chacune d’entre elles avait en tête et dans le coeur un souvenir, une image, une anecdote ou un épisode vécu en compagnie de Daniel Huguenin. Un bel hommage lui a été rendu. Le diacre de la paroisse, Bernard Gobalet présidait la célébration. L’évocation du parcours de vie de Daniel a rappelé des moments importants de ce Moudonnois, fier de l’être et amoureux de ce coin de canton. Philippe Jaton et Edouard Panchaud ont pour leur part remercié Daniel de son engagement sans faille à la société d’art dramatique, l’Arc-en-Ciel. Cette entité datant de mai 1851 a toujours existé, certes avec des hauts et des bas, mais n’a connu aucune interruption d’activité; Daniel a œuvré avec efficacité, humour et loyauté pour que la relève actuelle soit au top et que le jeu continue. Lors d’un récent spectacle au Théâtre de la Corde, Daniel fut pleinement heureux de la cohésion des amateurs, de la qualité sur scène et reconnaissant à la nouvelle génération de continuer à fouler les planches avec brio. Daniel Huguenin était né le 28 juin 1949 à Moudon, cadet après deux sœurs de la famille de Liliane et Roger Huguenin. Fromager dans les caves de l’entreprise Beutler, le papa de Daniel géra ensuite le magasin de fromages à la place Saint-Etienne. Daniel fit toute sa scolarité primaire puis alla au collège secondaire de sa ville. L’Ecole de commerce à Lausanne fut sa prochaine étape qui le mena à la maîtrise fédérale. Une de ses sœurs me souffla que pour un complément d’argent de poche, le récurage hebdomadaire du magasin s’imposait! Il s’associa enfin avec un collègue pour ouvrir leur propre fiduciaire dans la banlieue lausannoise. Il ne la quitta qu’à l’annonce de sa maladie il y a 6 ans. Dans ses moments de détente, il aimait marcher le long de la Broye, dans les forêts du Jorat, naviguer sur les bateaux vapeur du Léman, voyager un peu plus loin en Europe, se laisser aller à la découverte dans des festivals de théâtre ou de musique. Il participa activement avec bonheur au 100e anniversaire du Théâtre du Jorat et bien sûr comme écrit plus haut, il suivait les activités de l’Arc-en-Ciel. Jamais bien loin, Evelyne, sa compagne, l’accompagnait et ce tandem aurait bien désiré vivre encore longtemps ces moments de bonheur tout simples mais authentiques. La maladie en décida autrement et Daniel fut d’un courage qui force l’admiration; privé de l’usage de ses jambes, il sortait en ville assis dans son fauteuil électrique et vaquait à ses occupations en affrontant courageusement le regard des autres. Evelyne, sa famille, ses amis furent de précieux accompagnants pendant ces 6 ans d’allers et retours au CHUV, à Estavayer, à Payerne et à l’Oasis de Moudon où il résidait. Très discret sur sa vie privée, Daniel aimait néanmoins communiquer; il choisissait alors  les justes mots  pour affiner son analyse. Les questions qu’il nous a laissées en tête de son faire-part ne peuvent que nous donner une image vraie de ce qu’il était: «Etre ou paraître? Que reste-t-il de l’imposture face à son propre regard dans le miroir? » Merci à Daniel de nous rappeler l’importance de la sincérité.