Chic! Oron investit dans la jeunesse

Anouk Hutmacher, Oron-la-Ville. |. Voici quelques semaines, la décision du Conseil communal de la commune d’Oron, d’installer des caméras de surveillance dans et aux abords des écoles de Palézieux et Oron-la-Ville, m’a rendue songeuse. Quelque Fr. 28’000.- d’investissement dans un projet de «prévention» des déprédations perpétrées par une infime partie de la jeunesse d’Oron. Enfin!!!! Oron investit dans la jeunesse! Mais est-ce vraiment par là qu’il faut commencer? Depuis deux décennies, nos édiles de la région ont fortement favorisé le développement des zones villas et des immeubles, ce qui ne me déplaît pas. Oron est vivant, résonne de toutes sortes d’accents, le commerce est fleurissant et les cours d’école sont pleines à craquer! Oron se peuple de plus en plus de personnes qui vivaient initialement dans les villes ou leurs périphéries, bref! Oron s’urbanise non seulement au niveau du bâti, mais aussi au niveau de sa démographie. La petite ville qu’est devenue Oron, ce pourrait être plusieurs petites places de village, plusieurs quartiers, des aménagements pour tous, pour toutes les générations, pour tous les intérêts. Pour bien fonctionner, une ville se doit de couvrir les besoins de chacun, en fonction de là où il chemine dans la vie. Maman de quatre enfants de tous âges, je me demande aujourd’hui où sont les aires de jeux pour les petits? Où se trouve le centre de loisirs pour les plus grands? Pourquoi les rampes de skate se trouvent réduites à leur strict minimum et placées de manière à ce que ses utilisateurs soient bien cachés de leurs parents et du reste de la population? Pourquoi ne donne-t-on pas une place privilégiée et centrale à la jeunesse? Les déprédations regrettables constatées dernièrement ne datent malheureusement pas d’aujourd’hui. Cela fait des années que la jeunesse
s’ennuie à Oron. S’en inquiéter est une bonne chose. Mais pourquoi ainsi ? Je souhaiterais qu’Oron devienne un lieu que nos enfants devenus adolescents n’aient pas envie de fuir en se dirigeant vers Lausanne ou Fribourg. Qu’ils aiment leur commune, leur coin de pays, le coin où ils ont grandi. Que ce coin soit celui qu’on n’a pas envie de salir pour dire qu’on existe. Avec sa nouvelle population, les réponses données par les autorités à ses besoins me semblent peu adaptées. Les Jeunesses campagnardes et les sociétés sportives ne suffisent plus à absorber les débordements de l’adolescence de ces jeunes venus d’ailleurs. Beaucoup ne s’y intéressent pas et c’est bien normal. Sincèrement, qu’apporte-t-on de plus aux jeunes vivant à Oron en y plaçant des caméras de surveillance? Rien!… Sauf peut-être l’envie de défier encore un peu l’autorité…  Et la roue tourne et pourrait ne pas s’arrêter… Ce serait regrettable! Que représenteraient par exemple les salaires de deux animateurs et la mise à disposition d’un lieu permettant aux jeunes vivant à Oron d’y jouer, d’y draguer, d’y créer et d’y traîner en toute sécurité? Que représenterait une réelle volonté d’investissement dans la jeunesse par rapport aux 40 millions prochainement investis dans les murs agrandis des établissements scolaires? Je lance un appel pour que la réponse aujourd’hui donnée par la commune aux difficultés rencontrées par les jeunes vivant à Oron ne s’arrête pas à la surveillance et à la répression. Il est de notre responsabilité, à nous les adultes, de leur offrir quelque chose qui leur parle, qui leur plaise et les stimulent.