Brousse en ville

Arvid Ellefsplass  |  On savait la nature menacée par le mitage du territoire, mais là, un nouveau pas est franchi, un bout de brousse s’invite dans la zone industrielle…

Le nouveau contexte politique de gestion du territoire y serait-il pour quelque chose ? La LAT a certes été votée, sa mise en œuvre dans la douleur est en cours et la densification rencontre les oppositions habituelles dans nos bourgs et villages. C’est le moment choisi par une bande de bons sauvages pour délocaliser leur festival annuel, serait-on à l’aube d’un nouvel exode rural ?

Traditionnellement localisé dans une douce et amoureuse vallée, bordée d’une forêt enchanteresse, le festival a vécu 16 années d’un joyeux et bon enfant retour à la nature. Le plein air, les concerts, le camping et les pique-niques améliorés offraient une salutaire alternative à ce monde motorisé, industrialisé et consumériste. Une saine et régénérative pause, loin de la vie urbaine, de ses transports publics bondés et de ses bouchons.

Mais le changement est en cours. La campagne envahit la zone industrielle, sournoise et menaçante la brousse s’invite en ville. Immeubles végétalisés et toits terrasses transformés en vergers, les jardins potagers pullulent et l’on parle même de re-végétaliser l’autoroute, un comble ! Mais oui ! Tout fout le camp, ma bonne dame !

Rassurons-nous, ce 17e Bout de Brousse Festival ne durera que le temps du week-end prochain. N’y voyons pas une menace sur notre mode de vie. C’est tout au plus un rapprochement de la source, celle du Dr Gab’s sans doute… Bon festival !