Adieu à l’artisan

Martine Thonney |  Les portes de l’atelier de menuiserie se sont fermées. Les outils attendent sur l’établi et les machines se sont tues. Le maître des lieux s’en est allé dans un au-delà que l’on dit meilleur. Sa famille est dans la tristesse et les copains peinent à réaliser que les moments de partage sont à conjuguer désormais au passé.
Lors du service funèbre au temple de Mézières le 30 juillet dernier, le curé de Moudon a retracé le parcours de vie de Gilbert Broillet. Né en janvier 1947 à Mézières, il était l’aîné des quatre enfants de Cécile et Emile Broillet. La famille s’est rapidement installée à Ferlens, village que Gilbert n’a pas quitté. A seize ans, il entame un apprentissage de menuisier à Moudon. La créativité, la minutie et le travail d’une matière noble lui a convenu à merveille. Il créa ainsi sa propre entreprise en 1976 et y forma de nombreux apprentis. Le goût et l’intérêt des choses anciennes l’ont passionné. A Mézières, il est une bâtisse en bois à laquelle Gilbert a voué tout son savoir, sa passion et un nombre incalculable d’heures: il s’agit du Théâtre du Jorat. Des passerelles pour accéder dans les hauteurs du bâtiment, des décors, la régie créée dans la salle, des rénovations extérieures et intérieures et bien sûr, tous les bancs, sortis de son atelier. Gilbert connaissait les moindres recoins de ce monument qu’il aimait énormément.
En 1990, l’élevage ovin vint s’ajouter à ses nombreuses occupations. Gilbert ne pensait pas à sa santé mais à tout ce qu’il rêvait encore de réaliser… Ses copains qui se retrouvaient à l’atelier, des gens qui savaient qu’on pouvait dénicher moult matériels introuvables ailleurs, lui disaient pourtant de freiner ses activités, mais Gilbert persistait. Ces dernières semaines, il était au CHUV pour un mal que les médecins n’arrivaient pas à diagnostiquer. Il est décédé le 25 juillet et repose au cimetière de Ferlens, à un jet de pierre de sa maison. A son épouse, sa fille, ses frères et sœur et tous les siens vont nos messages de soutien.