Acquittés…

Plus d’un an après le match de tennis dans les locaux du Crédit Suisse, le tribunal lausannois s’est prononcé pour un acquittement des activistes climatiques. A l’époque, le retentissement de cette action n’avait pas franchi les barrières de l’info locale. Ce n’est plus le cas à l’issue du procès. L’intérêt des médias internationaux s’en est vu décuplé. En relayant l’information – surtout celle des activistes – plusieurs personnalités se sont senties obligées d’y contribuer face à des réseaux sociaux menaçants. Greta Thunberg n’y a pas échappé. Se sentant elle-même instrumentalisée, elle n’a pu que relayer la demande initiale des prévenus et la renforcer en s’adressant directement à notre star nationale. Roger Federer s’est finalement vu contraint de répondre en renvoyant élégamment la balle le long de la ligne. Si Greta Thunberg a focalisé l’attention autour de la crise climatique, en étant elle-même l’égérie du mouvement, elle en devient maintenant l’otage. Observée, haïe autant qu’aimée, elle ne peut plus se permettre un seul faux pas. Les décisions qu’elle voulait imposer aux grands de ce monde lui sont imposées, elle a maintenant un devoir d’exemplarité. Situation complexe. Le changement climatique est avéré et n’est discutable que dans la manière d’intervenir et de changer de cap. La décision de la cour lausannoise a soulevé un tollé. «Une première dans le monde policé de la justice» selon les militants, «Une décision dangereuse» selon les autres. Il est vrai que le lendemain même, et sans doute confortés par le jugement, d’autres activistes se sont présentés dans une autre banque… Face à cette impunité, «l’imminence du danger» invoquée par le juge pourrait servir d’excuse à bon nombre d’autres actes de plus ou moins mauvais goût… n’oublions pas que la démocratie n’existe que par ses règles et c’est à travers elles qu’un combat doit se mener aussi imminente soit la catastrophe.