A côté de la plaque

Il y a des moments comme ça dans la vie où l’on n’est pas dans son assiette, la vie passe à côté de nous et, incrédules, nous ne parvenons pas à prendre le train en marche… Fatalitas ! Dépourvus de nos moyens, ce n’est ni la volonté, ni la force qui manquent, ce n’est que l’absence de cette petite étincelle de départ qui nous fait caler à l’allumage.
Etre à côté de la plaque, dans un sens actif, voudrait dire se tromper, mais pour cela il aura fallu au préalable faire un choix et… agir. Se sentir à côté de la plaque, par contre, prend un sens bien plus passif, à savoir, que l’on subit – éberlué – ce qui se passe en constatant que notre réaction est absente; un état contemplatif devant l’inattendu ou l’ampleur de la chose qui nous tombe dessus. Que l’on parle d’un simple état grippal personnel ou de la situation bien plus grave d’un proche, le monde des possibles s’arrête soudain, et nous laisse sur le bord de la route: simple spectateur…
La sensibilité de chacun dictera l’ampleur du désordre qu’il faudra pour le figer, mais assurément, tout le monde a un jour été scotché.
Ce sentiment d’être en roue libre, et de continuer sa route en ne gardant l’équilibre que grâce à l’énergie que nous avions déjà fournie auparavant est loin d’être rassurant et ne présage rien de bon. Mais c’est un état de fait, une virgule dans nos existences, un passage où parfois même l’état de simple spectateur de nos vies nous est interdit…
Mais trêve de ce factualisme par trop pessimiste, nous sommes effectivement bien peu de chose devant une minuscule bactérie, ou devant le déroulement naturel de la vie, mais ce petit rien que nous sommes nous donne toutefois le pouvoir de nous autodétruire et le monde avec…
En conclusion, je dirais que parfois il faut savoir être à côté de la plaque, surtout quand elle est bien chaude !