Vraiment ?

L’étonnement, mais surtout… la réflexion, doit être de mise!

Pierre Scheidegger, Panathlon-Club Lausanne  |  Peut-on considérer l’e-sport ou tout simplement accepter les adeptes du clavier de cette nouvelle «mode» d’intérêt… comme discipline sportive? Dernièrement, lors d’une séance, le comité international olympique s’est déclaré intéressé et a affirmé que les jeux vidéo pouvaient être considérés comme «discipline sportive» en regard à cette nouvelle forme de compétitivité. Pour beaucoup, l’étonnement, mais surtout… la réflexion, doit être de mise! Il est vrai, il est difficile de contrer toute nouveauté impliquant un sport, tout en reconnaissant qu’on ne peut arrêter  le… «progrès». Mais au fait, quel progrès? Expériences et évolution des sports «fun» des années 2000 nous le prouvent avec pour corolaire, il faut s’en souvenir, pour chaque volonté d’innovation sportive, une promotion de liberté par la pratique… d’un sport, si évolutif soit-il, était désiré par la jeunesse. Cette dernière en fut l’instigatrice et ambassadrice. A ce jour, la plupart de ces disciplines ont acquis leur notoriété par l’acceptation des Fédérations, mais également du CIO. Les sportifs suisses en ont souvent prouvé le bien-fondé de la décision, aujourd’hui sans retour, mais également par l’apport de moult médailles lors de grandes compétitions.

Le débat n’est pas clos!  Pour l’e-sport… s’entend

L’e-sport nous semble un dérivé des jeux d’ados connus depuis bien des années avec le succès surtout économique qu’on lui connaît. Peut-il s’apparenter au sport? Question… qui implique bien des réflexions! Afin d’être reconnue, toute nouvelle discipline doit accepter et respecter les valeurs qui ne devraient jamais être négligées ou bafouées. On pense principalement aux installations à la pratique de cette nouvelle «discipline», mais plus particulièrement aux contrôles anti-dopage et surtout à consentir la répression des paris en ligne, soit cette nouvelle tare et honte du sport moderne. Là, sera indubitablement la principale tare et le risque presque déjà avoué d’une certaine mainmise qui se trouve à l’opposé de la culture sportive, que tout entraîneur devrait s’efforcer de promouvoir pour la pérennité de leur sport. On rappellera néanmoins, que l’e-sport sera présent en marge des Jeux asiatiques 2018, en Indonésie, et sera totalement intégré au programme des mêmes Jeux 2022 en Chine, ce qui laisserait à penser que ces jeux vidéo, à la consonance «sportive», pourraient être considérés comme une véritable discipline compétitive… soit une activité sportive!

Pourtant, essayons une comparaison!

La condition physique, la force, la rapidité d’un athlète se perçoivent, par exemple, lors d’un départ de 100 mètres. Ce mouvement implique toute une variation du stimulus qui le relie aux mesures d’erreurs ou pas et qui lui permet la justesse du mouvement. Sa préparation, et ceci pour tout sport, s’est toujours focalisée sur cette volonté. Le résultat en est le but avoué.

Citius – altius – fortius ?

Peut-on trouver une comparaison avec cette nouvelle mode dite sportive, que représente… l’e-sport? Un beau sujet de réflexion, mais pourquoi vouloir impliquer ces jeux vidéo sur la planète sport? Le développement de l’activité sportive et de la compétition dans nos sociétés modernes ont permis un élargissement impressionnant de la recherche, tant physique, médicale, physiologique… voire des sciences humaines. N’est-ce pas déjà une réussite? Réussite pour notre jeunesse mais qui a aussi… ou déjà, ses côtés plus ou moins ténébreux. La volonté, pour l’instant assez obscure, d’inciter les instances dirigeantes du sport mondial et la famille olympique à tenter d’accepter l’e-sport comme discipline sportive à part entière, ne nous laisse-t-elle pas entrevoir une victoire dommageable pour l’ensemble de la planète sport? C’est une question qui oblige réflexion car l’étonnement de chacune et chacun sera de mise, tout en sachant quel risque cela peut comporter. Néanmoins… est-ce vraiment cela le progrès?

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