Votations du 24 septembre 2017 – Opinion de Monique Ryf et Pauline Tafelmacher

Femmes et favorables à prévoyance vieillesse 2020

Le 24 septembre prochain, électrices et électeurs sont appelés à se prononcer sur la réforme des retraites. Le paquet qui est ressorti des débats parlementaires est un compromis typiquement helvétique. Les femmes sont touchées de plein fouet, puisque la réforme prévoit une augmentation de l’âge de la retraite de 64 à 65 ans.

Femme, travaillant pres-que à plein temps, 60 ans, je suis de celles qui devront – les premières – travailler une année complète supplémentaire. Et pourtant, j’irai voter OUI le 24 septembre prochain.

OUI au renforcement de l’AVS, cette assurance vraiment sociale, qui sollicite les plus aisés pour contribuer aux rentes des moins favorisés. Contrairement au 2e pilier, qui permet aux hauts salaires de se constituer un joli pactole, alors que les bas salaires sont fortement pénalisés par la déduction de coordination. Cette dernière sera heureusement revue nettement à la baisse pour les bas revenus avec cette réforme.
Et ce sera OUI encore, car avec la réforme, les travailleuses et travailleurs de plus de 58 ans qui se feront licenciés et qui ne retrouveraient plus de travail pourront rester dans leur dernière caisse de pension et toucher quand même une rente. Or les licenciements après 55 ans sont monnaie courante aujourd’hui. Retrouver un travail à cet âge l’est beaucoup moins. De plus, une certaine flexibilité sera introduite pour prendre sa retraite, notamment avec la possibilité d’une rente partielle.

La réforme ne va pas inscrire les principes dans le marbre. Il faudra rapidement remettre l’ouvrage sur le métier, pour continuer à s’adapter à l’évolution des marchés et de la courbe démographique. Mais n’est-ce pas aussi ce que nous avons fait ces dernières années? Quand j’ai commencé à travailler, le 2e pilier n’était pas encore obligatoire. Les femmes ne travaillaient que jusqu’à 62 ans. Jusqu’en 1991, à chaque fois que j’ai changé de travail, j’ai perdu la part de l’employeur dans la LPP. Quant à l’âge de la retraite des femmes, il est remonté à 63 ans en 2001 et 64 ans en 2005.
Pour toutes ces raisons, et parce que ce compromis a été obtenu de haute lutte au Parlement, je voterai OUI le 24 septembre à cette réforme.

Monique Ryf, Députée PS – Oron-la-Ville

Vous avez encore besoin d’informations pour vous faire une opinion Venez poser vos questions lors du café politique organisé par la section Oron-Savigny du PS, le jeudi 7 septembre à 20h, au foyer de la salle polyvalente, au Collège de Palézieux. Le conseiller national Jean Christophe Schwaab sera à disposition pour discuter de cette réforme.

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En tant que femme travaillant à temps partiel, ma première réaction face à la PV 2020 a été tout bonnement d’accuser le projet: on n’allait pas encore faire travailler les femmes jusqu’à 65 ans, alors que l’égalité salariale n’est toujours pas réalisée!

Mais… et si au fond, l’égalité de l’âge de la retraite nous conduisait plus concrètement vers cette égalité salariale? Sans compter que les mesures de compensation proposées par ce projet profiteront principalement aux femmes justement, en touchant les personnes employées à temps partiel et/ou à faibles revenus.

Oui, il s’agit d’un compromis, négocié de justesse et qui implique quelques pilules à avaler aussi bien à gauche qu’à droite. Mais la réforme est nécessaire, et ce compromis est le meilleur obtenu à ce jour. Alors le 24 septembre prochain, je voterai 2x OUI à la PV 2020!

Pauline Tafelmacher, Députée PS – Pully