Une rose et un balai Michel Simonet – Editions Pocket

Monique Misiego | En mai 2016, je vous avais parlé d’un de mes coups de cœur. En juin 2019, je n’ai pas changé d’avis. Ce qui a changé par contre, c’est qu’en 2019, ce petit bijou paraît aux Editions Pocket, que Laure Adler de France Inter parle d’«un livre merveilleux» et qu’il fait partie de la sélection des lectures d’été du prix Goncourt. Tout ça, ça me met carrément en joie. Non parce que j’avais vu juste, ceci a peu d’importance mais parce que la France où beaucoup se passe en matière de littérature, reconnait son talent. Et je suis tellement contente pour lui. Vraiment. Parce que cet homme est tellement humble, qu’il fait les choses pour donner du bonheur et non pour en gagner. Un personnage comme on en trouve peu. Voilà ce que je vous en avais dit à l’époque et il y a peu de choses à changer, sauf que la couverture a été relookée, même si l’ancienne, orange, suivait une logique. C’est d’ailleurs la seule critique que j’avais formulée pour ce livre. Dès la première page, j’avais trouvé une finesse d’écriture et une élégance dans le style avec certes quelques améliorations mais pour un premier jet, c’était du bon travail. Du grand art. C’est plein de jeux de mots, dans le style de Raymond Devos, de finesses de la langue, de poésie. Bref, j’avais adoré et je me demandais si ne pas le relire pour découvrir les subtilités qui m’avaient échappé. Il m’est d’ailleurs arrivé de relire une ou deux phrases pour en trouver le sens caché. Non que ce soit compliqué à lire, mais l’auteur fait preuve d’une subtilité épatante. Autant dire que j’ai racheté un exemplaire sous sa nouvelle forme. Il nous parle de son métier de balayeur, qu’il aime profondément. Qu’il a choisi, alors qu’il aurait pu faire de grandes études parce qu’il était bon élève. Il parle de ses rencontres avec les autres, de sa ville, des quartiers qu’il entretient, de l’écologie, de la nature qu’il découvre chaque matin vers 5 heures, été comme hiver. De l’importance de sa famille, mais dont il dévoile très peu. De sa foi, en Dieu mais aussi en l’être humain. De sa rose, du pourquoi de sa rose, des petits gestes du quotidien qui agrémentent son parcours. Mais aussi de la modernité qui arrive mais qu’il ne rejette pas. On y découvre un métier, une ville, des gens, un homme. Une émission de télévision avait été réalisée sur lui, et je trouvais que ça correspondait mot pour mot à l’idée que je m’en étais faite en le lisant. Je l’ai croisé une fois en ville de Fribourg et je n’ai pas osé l’approcher. Non pas qu’il m’intimide, mais pour ne pas le mettre mal à l’aise lui. Parce qu’il reste très modeste et une avalanche de compliments, comme j’aurais envie de lui faire, l’aurait certainement mis dans l’embarras. Alors à ceux qui auraient envie de dire «elle ne s’est pas foulée de reprendre une chronique», je réponds que je veux être sûre que vous avez compris que j’ai aimé ce livre et qu’il faut que vous l’achetiez. Absolument. Pour montrer que les Suisses ont du goût et pour prouver à l’auteur qu’on peut être prophète en son pays.