Une rose et un balai Michel Simonet Editions Faim de siècle

Milka  |  La vie c’est comme une boîte de chocolat, on ne sait jamais sur quoi on va tomber ! (Forrest Gump). Un livre c’est la même chose. Et comme on est souvent attiré en premier par la couverture, je dirais que celui-ci ne m’a pas interpellé d’entrée de jeu.

C’est d’ailleurs la seule critique que j’aurai à formuler pour ce livre. L’emballage dessert le contenu. Certes, selon l’auteur, cette couverture orange fluo a une logique. Le dessin sur la couverture, soit. Le titre en blanc sur ce fond orange, c’est une erreur de marketing, les vieilles dames ne vous liront pas ! C’est une amie qui est venue un soir de réunion avec votre livre dans les mains. Elle en avait acheté plusieurs. Comme elle a de grandes tendances philanthropiques, j’avais quelques doutes sur la qualité littéraire de ce bouquin. Non que je sois snob au point de ne lire que de grands auteurs, mais on tombe parfois sur de drôles de choses publiées à compte d’auteur. Il en ressort quelques petites pépites, et celui-ci en est une. Puis j’ai vu un reportage dans «Passe-moi les jumelles» sur le personnage. Et j’ai découvert quelqu’un de  très humain.

J’ai commencé cette lecture sans grande conviction et sans grandes attentes. Mais dès la première page, j’ai trouvé une finesse d’écriture et une élégance dans le style avec certes quelques améliorations mais pour un premier jet, félicitations. C’est du grand art. C’est plein de jeux de mots, dans le style de Raymond Devos, de finesses de la langue, de poésie. Bref, j’ai adoré et je me demande si je ne vais pas le relire pour découvrir les subtilités qui m’ont échappé. Il m’est d’ailleurs arrivé de relire une ou deux phrases pour en trouver le sens caché. Non que ce soit compliqué à lire, mais l’auteur fait preuve d’une subtilité épatante.

Il nous parle de son métier de balayeur, qu’il aime profondément. Qu’il a choisi, alors qu’il aurait pu faire de grandes études parce qu’il était bon élève. Il parle de ses rencontres avec les autres, de sa ville, des quartiers qu’il entretient, de l’écologie, de la nature qu’il découvre chaque matin vers 5 heures, été comme hiver. De l’importance de sa famille, mais dont il dévoile très peu. De sa foi, en Dieu mais aussi en l’être humain.
De sa rose, du pourquoi de sa rose, des petits gestes du quotidien qui agrémentent son parcours. Mais aussi de la modernité qui arrive mais qu’il ne rejette pas. On y découvre un métier, une ville, des gens, un homme.

J’aimerais bien rencontrer l’auteur une fois dans cette belle ville de Fribourg, non pour faire un selfie, mais pour le féliciter de vive voix, parce que je vous dis Bravo, Monsieur Simonet, pour ce que vous avez écrit, mais aussi pour ce que vous êtes et qui apparaît au travers de vos lignes.