Une pimpante nonagénaire

Jeudi 19 décembre, à Villette, on a fêté les nonante ans de la meilleure et la plus gentille maman, grand-maman et arrière-grand-maman du monde. Il s’agit de Marguerite Burnier et c’est son fils Henri qui l’a présentée en ces termes lors d’une petite réception organisée à son domicile par sa famille pour recevoir les émissaires de la commune de Bourg-en-Lavaux et de la paroisse. Accompagné de Pierre-Alain Genton, huissier, Jean-Pierre Haenni, vice-syndic, a dit son immense plaisir de transmettre à Mme Burnier, qui fut longtemps enseignante à Lutry, les salutations et les vœux de bonheur et santé des autorités et de la population. Il lui a remis une terrine fleurie accompagnée de quelques bouteilles du noble cru cultivé alentour. Le pasteur Rapin était accompagné de Françoise Bessat, voisine et visiteuse de la paroisse. Le pasteur Rapin  était porteur du cadeau de la paroisse et messager des vœux et du message  circonstancié de l’Eglise. Il a souhaité à Marguerite Burnier la lumière qui vient de la joie au dialogue des gens réunis.

Domiciliée précédemment sur la commune de Villette, Marguerite Burnier est devenue citoyenne de cette jeune et grande commune de Bourg-en-Lavaux sans avoir eu à changer de domicile. Elle habite depuis 1974 une petite maison située au bord du lac, et l’été, la propriété devient une ruche bourdonnante du joyeux babil de ses 7 petits-enfants et 3 arrière-petits-enfants, rejoints souvent par les cousins et amis. Depuis le décès de son mari Gilbert, Marguerite Burnier vit en compagnie de son frère, partiellement malvoyant, et c’est en s’entraidant qu’ils affrontent les petites choses de la vie que l’âge rend problématiques. Marguerite Burnier a dit sa gratitude envers les autres membres de sa famille et sa femme de ménage dont l’aide lui est précieuse pour pouvoir rester en son domicile. Elle apprécie également les visites de ses voisins et voisines, amis, amies et anciennes collègues.

L’enfance de Marguerite s’est déroulée à Neuhausen.
Au début de la guerre, lorsqu’elle avait 16 ans, le bureau de son papa a été transféré à Ouchy et sa famille l’a accompagné en Suisse romande. Cela faisait 5 ans que le programme scolaire de Marguerite comprenait des cours de langue française. Elle a pu ainsi sans problème entrer à l’Ecole Normale de Lausanne et y obtenir son brevet d’enseignante. Au cours de sa carrière, elle fut chargée, entre autres, d’enseigner l’instruction civique aux garçons, alors qu’elle, en tant que femme, n’avait pas le droit de vote. Une situation qui irritait et frustrait Marguerite. En 1971, lorsque les dames ont pu voter pour la première fois, et c’était au niveau fédéral, elle y est allée en compagnie de son fils. Depuis, elle n’a manqué qu’une seule votation, pour cause médicale. Les années ont passé; elles ont délicatement ciselé de quelques rides le visage de Marguerite Burnier, mais son dynamisme et sa joie de vivre demeurent intacts. Nous lui souhaitons la santé et de pleines années de bonheur.

Nicolas Bichovsky