Un «prècaut dâi patoisan», Djan-Luvi n’est plus

hn  |  Jean-Louis Chaubert, écrivain et poète patoisant vaudois s’est éteint le vendredi 23 juin; il était né dans une famille de boulanger-épicier, à Puidoux, le 13 septembre 1924. Il passa son enfance dans ce grand village campagnard et vigneron, apportant sa contribution aux travaux familiaux, comme il se devait à cette époque, tout en suivant sa scolarité à Puidoux, puis à la prim’sup. de Chexbres, et termina ses études par une formation commerciale à l’Ecole supérieure de commerce de Lausanne. Son diplôme obtenu en 1942, il entra ensuite à la Caisse cantonale vaudoise des Retraites populaires et termina sa carrière professionnelle en 1984, en qualité de directeur-adjoint.

Il assuma la charge de Juge de paix du cercle de Saint-Saphorin de 1977 à 1984. Auparavant. Il avait rempli la fonction de secrétaire-municipal de Puidoux de 1945 à 1949, en devenant membre du Conseil communal de sa commune, dont il assuma la présidence en 1952. C’est durant cette même année, qu’il s’unit avec Odette Lambelet; qui lui donnera deux enfants, Jean-Luc en 1953 et Anne-Claire en 1963. Très tôt, il fut intéressé par des activités artistiques, il apporta sa participation à la chorale du village, et fit aussi valoir ses talents de metteur en scène. En écoutant son père, Hermann Chaubert, converser avec les villageois venant se servir à son magasin, il prit conscience de notre vieux parler vaudois, patois auquel, Djan-Luvi consacrera une grande partie de ses loisirs. Ainsi, il s’était familiarisé avec notre vieux langage vaudois, en participant, avec son père et son beau-père, Vincent Lambelet, aux «tenâblyè» (assemblées de patoisants) de l’Amicale des patoisants de Savigny, Forel et environs, ainsi que celle du Mont-Pèlerin.

Il fut un membre assidu et dévoué de l’Amicale des patoisants de Savigny, Forel et environs, dont il assuma quantité de charges en son comité, qu’il présida durant de nombreuses années. De même, dans le cadre de l’Association vaudoise des Amis du patois, il siégea à son comité, dont il fut délégué auprès de la Fédération romande et interrégionale des patoisants, avec une charge de caissier permanent. Il fut aussi le secrétaire central du comité d’organisation de la fête quadriennale de cette fédération, qui se déroula à Payerne en 1993. Il prit aussi une part active dans le cadre du «Groupement du dictionnaire vaudois», aux travaux de l’organe ayant publié un ouvrage de référence, déjà réédité, et en assumant une constante mise à jour.

Il s’est aussi consacré à la traduction en patois du Jorat, des paroles de près d’une cinquantaine de chansons  populaires pour «Lè Sansounet», chœur patoisant de l’Amicale, dont tour à tour, il prêtait sa voix sûre, tantôt au registre de ténor ou à celui de basse, selon les besoins. Jean-Louis Chaubert a aussi apporté sa collaboration régulière à plusieurs périodiques, tels Le Conteur romand, L’Ami du patois, Lo Conteu, Le Coterd, ainsi qu’une contribution ponctuelle, dans le cadre de la promotion du patois vaudois, dans de nombreuses publications et revues associatives. Sous le titre «Les poésies en patois vaudois de Djan-Luvi», il publia en 2001, plusieurs poèmes, avec une adaptation française en regard, ainsi qu’un glossaire «Lexique des mots de notre parler régional issus du patois vaudois», édité en 2004. Jean-Louis Chaubert obtint, à plusieurs reprises, de nombreux prix et distinctions, pour ses poésies en patois du Jorat, dans les concours littéraires quadriennaux de la Fédération romande et interrégionale des patoisants, ainsi que dans le cadre du concours annuel patoisant «Prix Kissling», institué à la récompense de créations d’œuvres littéraires patoisantes. Pour toutes ces activités, Djan-Luvi a été honoré du titre de «Mainteneur» des patois franco-provençaux, lors de la fête quadriennale de Payerne en 1993. «Ah! L’ètâi biau quand dèvesâve noûtron crâno vîlyo patois!»