Trêve estivale

Mi-année, mi-été diraient certains, la période est idéale pour vous remercier tous, lecteurs ou contributeurs, de votre fidélité.

Elle est d’autant plus importante à l’heure où la presse papier subit des assauts de toutes parts. Le démontage systématique et obscène de sa structure à des fins purement mercantiles ou le questionnement incohérent sur la gratuité de l’information met à mal des identités régionales entières. La place que Le Matin tenait dans notre quotidien ne s’est évidemment révélée qu’après sa disparition. Ce journal qu’on adorait détester avait un public et une histoire certaine. Ce sont 125 ans d’Histoire passés à la trappe pour 30 millions de pertes en quelques décennies, alors que son patron annonce plusieurs centaines de millions de bénéfice… en un an ! Hamlet dirait qu’il y a quelque chose de pourri dans le royaume. Après autant de morts, ce quelque chose est maintenant clairement identifié et sa présence est menaçante. Je m’inscris en faux lorsque ces mêmes désosseurs imputent la disparition d’un titre aux changements d’habitude des lecteurs : depuis quand les repas gratuits sont-ils devenus la règle ?!… La stupéfaction devant la disparition des journaux passée, chaque rédaction planche maintenant sur les solutions potentielles en resserrant les liens à l’interne comme à l’externe. Aucune n’oublie ce qu’elle doit à ses lecteurs et à sa région, des liens ont été tissés qui demandent à être consolidés.  C’est dans cette optique que je tiens au nom de toute la rédaction à vous remercier et à vous souhaiter un bel été. A dans deux semaines !