Température

Georges Pop  |  Avec le retour progressif des beaux jours, chacun interroge peut-être un peu plus souvent les bulletins météorologiques, l’ensoleillement et la douceur du temps pour anticiper une grillade ou simplement choisir des vêtements légers. De nos jours le mot température est d’une absolue banalité, même s’il est souvent associé aux désormais constants records de chaleur liés au réchauffement global et donc, sans doute aussi, à la transition énergétique approuvée par les Suisses dimanche dernier.  Bref, température fait depuis belle lurette partie de notre quotidien. Personne ne sera sans doute étonné d’apprendre qu’il nous vient du latin temperatus. Initialement, le terme avait d’abord le sens de modération, de maîtrise et de caractère tempéré. C’est pourquoi nous parlons encore de nos jours de tempérament et de tempérance ; vertu qui tempère les passions, le goût de la boisson et incite à la modération. Mais ce n’est que très tardivement que l’on commença à songer à la mesure de la température. De nos jours, les prévisions météorologiques sont tellement rebattues que nous avons du mal à imaginer que, pendant des millénaires et la plupart des siècles qui ont précédé le nôtre, on pouvait juste dire qu’il faisait chaud, froid ou glacial, lorsque l’eau commençait à geler. Il n’y avait aucun moyen de mesurer la température; laquelle varie non seulement en fonction du rayonnement solaire, mais aussi de la pression atmosphérique. L’humanité dut attendre le début du XVIIe siècle pour que Galilée comprenne vraiment – chose que les anciens avaient déjà observée – qu’un fluide se dilate quand il s’échauffe et qu’il se contracte quand il se refroidit. C’est alors que l’on bricola les premiers grossiers thermomètres scellés, avec de l’eau, de l’alcool et même avec… du beurre fondu; avant d’adopter le mercure encore utilisé de nos jours. Mais il fallut encore attendre les physiciens allemand Daniel Gabriel Fahrenheit et  suédois Anders Celsius, au XVIIIe siècle, pour disposer d’une échelle de mesure vraiment fiable. C’était il n’y a pas si longtemps! Et pour en revenir à l’étymologie, le mot latin temperatus découle lui-même de tempus, le temps. Ne dit-on d’ailleurs pas encore qu’il fait beau ou mauvais temps ? Ce qui peut influer sur notre perméable tempérament ; notre bonne ou notre mauvaise humeur…