Sur une étoile, brille le sourire de Carmen Peer

Carmen Peer

Gil. Colliard  |  Vendredi 1er juin, sur le parvis, tout comme dans l’église de Palézieux bondée, la famille, les amis, les connaissances de Carmen Peer se pressaient en nombre pour lui rendre hommage et dire un dernier adieu à celle dont la bonne humeur, la générosité, l’esprit rassembleur et le courage les avaient touchés.

Née, le jour de la Saint-Valentin, le 14 février 1968, Carmen fut la première à venir combler le foyer de Rodolphe et Daisy Peer, aux Thioleyres, avant l’arrivée de ses frères Thierry et Fabrice. Depuis petite déjà, avec son visage illuminé d’un grand sourire, elle faisait souffler un petit air de gaïté sur son passage. Elle avait choisi d’apprendre l’accordéon, à qui elle fut fidèle de 8 à 18 ans. Après avoir terminé la «prim-sup» comme on l’appelait, à Oron-la-Ville, elle partit près de Francfort en Allemagne comme fille au pair pendant une année. A son retour, elle obtint son CFC d’employée de commerce couronnant trois ans d’apprentissage auprès de l’entreprise Samuel Stauffer & Cie, aux Thioleyres. En 1989, elle se maria et s’installa à Yverdon où elle trouva un emploi dans une assurance. Ni l’union, ni le travail ne lui apportèrent le bonheur auquel elle aspirait. Aussi, elle revint, libre, dans son village en 1994 et retrouva, là où elle avait fait ses débuts, son poste qu’elle ne quitta plus. En 2000, elle ouvrit la voie de la féminité dans sa commune, devenant la première femme élue à la Municipalité. 2001, allait marquer un nouveau tournant dans sa vie, son cœur s’était mis à battre au diapason avec celui de Markus Von Gunten, son compagnon, qu’elle allait suivre à Carrouge, puis aux Tavernes, à la Dausaz, où le couple avait trouvé son nid.

Un investissement généreux pour les siens et pour la société

Malgré le regret de ne pas voir se réaliser son profond désir d’enfant, Carmen choyait ses quatre filleules, ses neveux et nièces, prenait la vie à bras le corps, toujours prête à aider les siens, particulièrement ses grands-parents, ses amis, organisant les repas festifs, choisissant les cadeaux. Bien que travaillant à plein temps, elle s’investissait sans compter pour les sociétés, mettant à profit son caractère rassembleur et généreux: caissière de l’Association régionale de gymnastique Broye-Jorat, coorganisatrice de la sortie annuelle des Dames des Thioleyres et des Tavernes, elle faisait partie des Paysannes, s’investissait chaque année pour mettre la main à la pâte dans une fête régionale, secrétaire des «Irréductibles», la société locale des Tavernes, participait à l’organisation de la soupe de Carême, cousait ses costumes pour les Brandons de Moudon, etc. Elle a secondé Markus dans sa tâche de président au sein de leur club de moto. Ses célèbres gâteaux du mercredi soir étaient attendus par le groupe. Elle aimait voyager, traversant l’Ukraine à moto avec Markus, parmi bien d’autres voyages, le Transsibérien, un saut en parapente, avec son frère Fabrice, pour ses 44 ans. Toujours partante, avec le sourire.

Le temps lui a filé entre les doigts

Un jour de mai 2013, une douleur l’a obligée à consulter son médecin. La maladie sournoisement s’était déjà bien installée. Avec courage, confiante, entourée d’amour, Carmen s’est battue, gardant pour elle ses souffrances. Elle a continué à vivre à fond, chaque fois qu’un répit se présentait, ne diminuant pas ses activités. A Pâques 2017, elle est partie à moto avec Markus en Toscane et en novembre, miraculeusement, alors que la maladie gagnait du terrain, elle a pu aller à l’Ile Maurice avec des amies. Hospitalisée le jour de ses 50 ans, elle a fêté son anniversaire en famille le 15 avril et a encore tenu, malgré sa grande fatigue, à aller à la sortie des Paysannes à Europa-Park les 21 et 22 avril. A son dernier retour à l’hôpital, elle a déposé les armes, non sans avoir réglé les derniers détails de son passage sur terre, laissant une lettre émouvante, lue lors de la cérémonie. Veillée jusqu’à son envol, par les siens, elle est partie sereinement. Une belle personne s’en est allée bien trop vite. Les messages de ses proches ainsi que le culte d’adieu du pasteur Olivier Rosselet ont trouvé les mots pour la remercier de ce qu’elle a été.