Spiridon ?… une belle initiative !

Pierre Scheidegger, Panathlon Club de Lausanne  |  Sans s’opposer aux différentes versions de l’histoire… ou de la mythologie grecque, ils étaient trois grands athlètes… coureurs de grandes distances qui décidèrent d’écrire une des très belles pages de l’athlétisme moderne. Innovant, ils réussirent un superbe exploit! 1972, la première revue Spiridon était née. Un retour… cinq siècles avant notre ère !  Il avait pour nom, Philippidès ! Messager grec, il eut pour mission d’informer Athènes de la victoire sur les Perses à l’issue de la bataille de Marathon. Il venait de courir environs quarante kilomètres séparant la plaine de Marathon à Athènes. Selon l’histoire, arrivé totalement exténué, il se serait écroulé et décédé après avoir informé les Dignitaires de la ville rassemblés sur l’Aréopage. C’est une version de l’histoire! Appréciée et également habile à une certaine acceptation des sportifs, des adeptes de la course à pied! L’athlétisme moderne, dès les premiers Jeux olympiques de 1986, s’en est emparée avec un certain bonheur, en décidant de mettre au programme des disciplines athlétiques, le marathon, dont la distance à courir était d’environ quarante kilomètres. Un berger grec en fut le premier vainqueur. Il en est devenu le «presque» dieu d’une nouvelle mythologie sportive. Il avait pour nom Spyridon Loüis. Aucune femme n’était autorisée à prendre part à cette course. Le premier marathon ouvert aux athlètes féminines fut en 1928. C’est à Londres, lors des Jeux olympiques de 1908 que la distance définitive en fut portée à 42 km 195.

Ils étaient athlètes… et aimaient courir!

Courir dans les campagnes, les bois, pour se préparer à la piste des stades. Ils étaient spécialistes du 1500, des 5000 et 10’000 mètres. Puis, ils prirent la route pour courir sur tous les marathons de Suisse et d’ailleurs.

La course à pied était leur passion!

Yves Jeannotat et Noël Tamini savaient ce que voulait dire unis par le sport et pour le sport, faisant fi d’égoïsme, ils décidèrent de vulgariser la course à pied pour chaque homme, chaque femme.

Ils créèrent Spiridon!

Superbe revue didactique créée en 1972, qui avait pour but essentiel d’informer tout amateur de course exclusivement, et ceci sur tous les aspects qu’offrait cette discipline athlétique en cherchant surtout à la démocratiser. Une ouverture sur une liberté… ouverte à chacune et chacun. Raymond Corbaz, l’initiateur du fameux «Challenge Bambi» course populaire organisée dans les bois du Jorat, le comprit très rapidement en invitant depuis plus de trente ans, des milliers d’adeptes à l’apprentissage de cette liberté. «L’esprit Spiridon» comme un nuage se répandit aux quatre coins cardinaux de la planète sport, au seul plaisir de la course, de la santé, sans dopage et sans argent, étant le but premier autorisant l’amitié du partage de ses propres expériences.

Mais voilà!

Les rêves s’estompent au réveil… 1989… fin d’une belle aventure! Le succès indéniable inspiré par le cœur et l’amour de la course à pied de nos «trois mousquetaires» de 1972, provoquant une attirance de millions d’adeptes de par le monde, fut le «pot de miel» pour bien des multinationales dont les chiffres d’affaires… sportifs ne sont plus à démontrer. Il est vrai que l’aubaine n’était pas à négliger.

Modernité du sport ?…

N’oublions pas, néanmoins, que sans ces visionnaires de la course libre, permettant aussi la santé et l’hygiène du sport, ceci sans négliger cette force que représente l’amitié, en ressortent grandis car aujourd’hui appliquées avec bonheur. Soyons certains qu’entre deux foulées, chacune et chacun auront une pensée sportive pour ces trois athlètes visionnaires qui leur permettent, aujourd’hui, de participer à ces fantastiques courses populaires de par le monde. Merci à vous trois, qui avez su… unir par la course et pour la course en liberté.