Service public ?

La loi sur l’aide à la presse date de 2010, la Presse elle, depuis bien plus longtemps…

Autres temps autres mœurs, dit-on, et cela se vérifie. Si la presse imprimée était d’abord régionale, sa distribution depuis le XVIIIe siècle s’est passablement étendue au-delà de son berceau. D’abord journal d’annonces ou feuille d’avis, elle était l’outil de communication au service du plus grand nombre. Les nouvelles offres et les communications locales en faisaient le corps. Le financement se faisait par les annonces commerciales et rares étaient les informations, comptes rendus ou présentations d’événements. Les temps ont changé ma bonne dame ! pourrait-on dire. L’ère est au tout numérique, le monde appartient à l’électronique, à l’information immédiate, aux tablettes et autres smartphones. Pas faux !… mais inexact. Si les mœurs ont changé du côté de la consommation de l’information, les habitudes et les besoins sont toujours présents. Placer une publicité qui annonce 20% de réduction à la boucherie Sanzot de la place du Marché dans un média électronique mondial ne fait pas plus de sens que de proposer une saucisse aux choux à un Argentin. A un titre plus journalistique, informer sur un plan de quartier à Palézieux-Gare n’aura que peu d’intérêt aux yeux d’un Newyorkais, fut-il le plus fervent écologiste… On l’aura compris, si Facebook est votre café du matin… et google votre tasse de thé du soir, il ne peuvent se substituer au journal local. Au même titre que le 24Heures ou Le Temps ne mentionneront pas ce qui se passe dans votre région. Cette diversité de la presse est à défendre, et votre hebdomadaire y tient résolument sa place au milieu d’autres titres, tout aussi nécessaires. Alors… quand Madame la conseillère fédérale Leuthard parle de «service public» en déniant le soutien à la presse écrite, j’aimerais rappeler à son bon souvenir la bonne époque des PTT…