Sculptures en plein air sur fond de lac et de montagnes

Biennale de Montreux, sculptures sur le quai, jusqu’au 20 octobre

Raoul Thonney, «Bal des planètes»

Pierre Jeanneret. |. Longer le quai de Montreux en cette fin d’été est déjà un ravissement en soi, avec ses paysages de carte postale, ses massifs de fleurs, ses palmiers et bananiers, ses vues sur le lac parcouru par les bateaux à vapeur de la CGN, et de l’autre côté de celui-ci les montagnes de Savoie… Mais un plaisir nouveau – et tout aussi gratuit – vient s’y ajouter, et cela jusqu’à fin octobre. C’est la Biennale de sculptures en plein air, dont la première édition a eu lieu en 2008. Les œuvres exposées ont en commun leurs dimensions importantes, imposées par le règlement du concours, afin d’être bien visibles, et doivent par ailleurs pouvoir résister aux aléas atmosphériques. Deux prix seront décernés à l’issue de la manifestation : celui du public et celui du jury. L’oeuvre couronnée par le second sera acquise par la commune et exposée de façon permanente. Pour situer l’événement, précisons qu’il se place, en gros, dans la portion du quai comprise entre l’Auditorium Stravinsky et le restaurant L’Oriental conçu par des artisans marocains. Disons-le, les travaux présentés sont de qualité très inégale. Certains, hyper figuratifs, sont à la limite du kitsch. Mais d’autres nous ont davantage séduits, soit par leur originalité, soit par leur facture. Tous les matériaux sont mis à contribution, mais c’est le métal – souvent le fer rouillé dont on obtient une belle couleur – qui l’emporte. Diversité également dans les sujets. Si certaines œuvres revendiquent un contenu «philosophique», d’autres répondent d’abord à un souci esthétique. Ce sont les travaux particulièrement bien intégrés dans leur milieu – les quais, les arrangements floraux, le lac – qui ont remporté notre adhésion.Les volutes de L’arbre de l’amour de Diane Herman se détachent sur le fonds lacustre. Paul Estier, avec Arctique, joue sur la luminosité du verre. Les globes mobiles de grandeurs différentes du Bal des planètes, de Raoul Thonney, invitent à une contemplation renouvelée du ciel. Une mouette stylisée, s’inscrivant dans un cercle de métal, de l’artiste belge Isabelle Thiltgès, suggère bien La grande envolée qui est son titre. Une mention particulière pour le beau travail sur bois coloré de Stefan Lanz, Artisten, composé d’un ensemble de trois pièces. Au centre, un personnage qui contemple le lac à la jumelle est juché sur des acrobates, tandis que deux figures latérales regardent et cette pièce centrale, et le lac. Mais c’est là notre choix subjectif. Chacun et chacune, au fil de sa balade le long du quai, se fera sa propre opinion, et pourra voter dans le cadre du prix du public.

Biennale de Montreux, sculptures sur le quai, jusqu’au 20 octobre.

Stefan Lanz, «Artisten»
Diane Herman, «L’arbre de l’amour»

Vandalisme sculptural

Thomas Cramatte |. Quatre œuvres faisant partie de la Biennale 2019 ont subi les ravages de vandales. Traditionnellement installées sur le quai de Montreux depuis 2008, les sculptures prenant part à la Biennale sont visibles jusqu’en octobre. Entre lac et montagnes, la gratuité du spectacle est totale. Mais voilà que dans la nuit du 31 au dimanche 1er septembre, certaines sculptures ont été prises d’assaut par une violence tout aussi gratuite. Un appel à témoin est lancé! «Il est vraiment regrettable de subir de tels actes de vandalisme», nous fait part Laurent Wehrli, syndic de Montreux. Deux des sculptures pourront être remises sur pied afin de continuer leur course vers un éventuel prix. Quant à l’œuvre de Stefan Lanz, Artisten (voir ci-contre3), faite uniquement de bois, elle ne pourra probablement pas être remise à neuf. Pour l’heure, l’expo est maintenue jusqu’au 20 octobre. Peut-être que d’ici là, les vandales séjourneront derrière des barreaux bien moins accueillants que les œuvres de la Biennale 2019?