Savigny s’anime – le mot de la présidente

Marjolaine Perreten, présidente du Festival du Film d’Animation de Savigny (FFAS)

Parfois même dans le milieu, réaliser un film d’animation «pour le jeune public» est discriminé. 

Ce n’est pas considéré comme du «vrai» cinéma animé. Ce n’est pas sérieux. Et pire encore, «ça ne mérite pas sa place en compétition internationale». (Un peu comme l’humour à Cannes).

Combien de fois déjà l’ai-je entendu? Après quelques sélections officielles dans des grands festivals, où mon film, inscrit en compétition internationale est, sans aucune vergogne, déplacé en programmation jeunesse, «parce qu’il en manque, des films courts pour les enfants»… Bien sûr que ça me fait plaisir qu’il soit vu, mais pourquoi injustement écarté de la compétition? Un film pour enfants «ne joue pas dans la cour des grands»? Nous ne parlons pas de films amateurs, nous sommes tous au rang de réalisateurs et réalisatrices. Alors, quelle différence?

A Savigny, il a été décidé que tous les films, pour les grands comme pour les petits, concourront aux mêmes titres. Indifféremment du public cible auquel il est destiné. Parce que le travail est le même; il y a un scénario, un storyboard, des décors, de l’animation, du compositing, du son et de la musique. Un film est un film.

La seule différence de réalisation que l’on pourrait leur trouver, c’est la difficulté d’écrire pour le jeune public, lorsqu’une fois devenu adulte nous avons perdu des yeux l’essentiel. 

C’est ainsi que, l’an dernier, c’est un film «jeune public» qui a remporté le Grand Prix de la compétition internationale. Et dans la cour des grands, les jeunes dansent aussi.

Marjolaine Perreten, réalisatrice