Savigny – Le cinéma d’animation à l’honneur

Festival du film de Savigny 2018, samedi 30 juin au Forum

Marjolaine Perreten  |  Samedi 30 juin se tiendra la deuxième édition du seul festival du canton de Vaud mettant à l’honneur le cinéma d’animation. Cette aventure n’était, au premier abord, destinée qu’à une seule et unique édition. Parti d’un court-métrage de 9 minutes 50 nommé «Vent de Fête», faisant écho aux brass bands et surtout à la Fête cantonale des musiques vaudoises qui s’est tenue en 2013 à Savigny, ce film a entraîné avec lui tout un événement dont nous étions loin d’imaginer l’ampleur de l’intérêt et de la curiosité d’un public amateur. Parti d’un seul court-métrage, et avec le soutien précieux du Savignolan et de la Société de développement de Savigny, une petite association se forma afin de supporter une manifestation d’un jour dont le succès nous a poussés à en monter une deuxième. Un petit événement à l’allure modeste mais qui toutefois a su attirer un public curieux, rassemblant sur la journée quelque 700 spectateurs.

Le mot de la présidente

«On ne peut pas raconter un dessin animé. C’est comme une orange, on ne peut pas raconter une orange: on peut l’éplucher, la manger, et c’est tout.»  – Paul Grimault («Le roi et l’oiseau») Faire découvrir ce microcosme du 7e art reste un véritable défi, car loin sont ceux qui, encore aujourd’hui, ont à l’esprit la (tragique) réputation des films d’animation dits «pour les enfants». Pourtant cet art, travaillé image par image, poétique et personnel, dont le fardeau de la réalisation est parfois traîné sur de nombreuses années, a su évoluer et se trouve aujourd’hui bien loin du comique du chat et de la souris, du cartoon américain dont l’humour a su vivre avec son temps. Et fort heureusement, car le spectateur change, se lasse, s’imagine déjà ennuyé d’un comique animé qu’il attribue aux «niaiseries» grotesques américaines. Mais aujourd’hui, le réalisateur exige une poésie d’essence supérieure, «un sourire de l’esprit», comme le soulignait si bien André Martin, journaliste et réalisateur, qui a su rendre parmi les premiers ses lettres de noblesse à l’animation. Le cinéma d’animation a subi une telle mutation qu’il est aujourd’hui impensable de l’attribuer encore à un sous-genre du cinéma, mais bien à un médium propre en soi. En ce sens que vous trouverez, en cinéma d’animation, du western, de l’aventure, des films noirs, des documentaires, des comédies, et il m’en manque. Chaque réalisateur a su démontrer à travers ses dernières années un éventail d’originalité scénaristique et technique, exigeant de son propre travail une audace nouvelle qui n’aurait jusqu’alors pas encore été portée à l’écran, le format court s’y prêtant aisément, ne possédant alors aucune contrainte de temps, de normes télévisées ou de censures. Par respect pour ce travail acharné, le festival de Savigny a décidé de remettre une année encore sur le devant de la scène cet univers débordant de créativité scénaristique et dont les techniques troublantes risquent peut-être bien de vous ébranler. En prime, plus d’une dizaine de réalisateurs présenteront lors du festival leur travail avant chacune de leur séance respective, et auxquels vous pourrez vous confronter lors de l’apéro des réalisateurs, ouvert à tous, dès 19h.

Plus d’informations: www.festivalanimationsavigny.com

Tarifs: 1 séance 5.-/tarif unique – Fr. 20.– le pass 5 séances – Restauration sur place

Présentation des programmes de la deuxième édition du Festival

La constitution des programmes n’est pas une chose facile. Après avoir soigneusement sélectionné, parmi les quelque 1854 films reçus à travers le monde, une soixantaine de films, il faut ensuite les répartir dans les cinq séances dont nous disposons. Les âges minutieusement étudiés, leurs points communs relevés, les thématiques des séances
et leur tranche d’âge respective font surface. Les courts-métrages, rassemblés d’après un thème finalement défini et leur accessibilité à un public cible, sont ensuite organisés dans un ordre qui permettra de tous les apprécier. Car en réalité, deux films à la thématique sombre ou mélancolique peuvent plomber le film qui suivra, s’ils se trouvent à la suite. A l’inverse, un film hilarant positionné en début de séance écrasera tous les autres, qui paraîtront alors terne ou insipide. Terminer avec un film terriblement dramatique ne vous aidera pas non plus à passer une bonne fin de journée. Constituer le programme d’une séance n’est donc pas chose aisée, et n’en choisir qu’une lors du festival encore moins… C’est pourquoi nous avons concocté des séances par thématique présentés ci-après.

09:30 | Séance 1 : Ça roule (âge légal 0, suggéré 6)  – Ça roule à vélo, en tram, en camion, mais ça roule aussi dans la vie de tous les jours. Tout comme on peut rouler quelqu’un. Un chat qui triche au jeu des dames, une maison qui veut retrouver ses propriétaires, un tram qui se perd, ou encore un rubik’s cube qui aimerait être résolu… Mais quand finalement tout va bien, c’est que ça roule. Non?

15:45 | Séance 4 : Nous sommes humains, après tout (6 / 8)  – Parfois, il faut savoir vivre avec nos défauts. Lorsque faire le ménage devient dramatique, que des aliens débarquent chez les russes et qu’ils regrettent déjà, qu’un menuisier perfectionniste se borne à construire une table parfaite… Ou qu’un lièvre découvre la vie que mènent les lapins domestiques. Un catalogue de personnalités qui vous fera vite relativiser vos soucis personnels.

11:15 | Séance 2 : Petites découvertes (âge légal 0, suggéré 6) – Ces petites choses qu’on ramasse et qui auraient semblé insignifiantes aux yeux des autres… Quand un raton laveur trouve une lampe de poche, ou qu’une lampe tombe amoureuse d’une luciole (ah, oui, en animation, on peut tout faire!). Un court hommage également à Ella Fitzgerald, qui nous fait découvrir… le blues. Des petits moments uniques qu’on découvre et qu’on aimerait partager le temps d’une séance.

17:30 | Séance 5: Faits divers (âge légal +16) – Un python qui fait semblant d’être mort pour se tirer, des grenouilles qui prennent possession d’une résidence de luxe, un repas de mafieux qui tourne mal… Des faits divers animés à l’humour noir pas si loin de la réalité garnissent cette dernière séance réservée aux +16…

14:00 | Séance 3 : Un temps pour tout (âge légal 0 suggéré 6) – Il faut savoir prendre le temps pour chaque chose. Pour rendre visite à sa mamie, pour profiter du temps qui passe, ou des saisons qui changent parfois à nos avantages…! Une très belle séance consacrée à la valeur du temps, dans la vie de tous les jours, et surtout dans la famille.

Accessibilité au jeune public

MP  |  Les âges légaux et suggérés ne sont là que pour vous indiquer l’accessibilité au jeune public. Les thèmes traités leur sont accessibles, et rien ne leur paraîtra violent. Mais cet âge légal ne limite absolument pas la séance à un public juvénile. Bien au contraire, chaque séance a été construite afin de permettre à tout adulte d’en apprécier le programme. Des films au second degré caché, ou encore un humour à différents niveaux garnissent chaque séance et vous promettent d’y trouver votre compte! Dès 21h, dans l’amphithéâtre du Forum, ou à l’intérieur en cas de pluie, venez assister à la projection plein air gratuite du chef d’oeuvre d’animation français très largement récompensé «Les Triplettes de Belleville», de Sylvain Chomet. Age légal 10 suggéré 14.