Renforcer l’AVS, augmenter les rentes, dire oui à AVSplus

L’initiative AVSplus propose une augmentation de 10% des rentes AVS, qui sont endiguées depuis 1975 et dont les cotisations n’ont pas augmenté depuis lors. En pleines menaces de démantèlement et de discussion aux Chambres sur les retraites, la votation populaire aura lieu le 25 septembre.

L’initiative AVSplus fut lancée en 2012 et obtint d’emblée toutes les signatures utiles vu l’attachement populaire à son premier pilier. La Suisse connaît un des taux de pauvreté les plus élevés des retraités des pays de l’OCDE. Un rentier AVS sur huit est pauvre et l’AVS est indispensable à 80% des retraités. Plus de 330’000 rentiers AVS AI, dont des couples, doivent demander des rentes complémentaires (PC) afin de pouvoir simplement couvrir leurs besoins vitaux. En plus, 38% des femmes à la retraite et 19% des hommes ne reçoivent que leur rente AVS, sans un deuxième pilier. Comment vivre avec une rente minimale de 1175 francs, maximale de 2345 francs ou de 3525 francs pour un couple ? Pourtant l’art. 112 al. 2 lit b de la Constitution fédérale parle de la couverture des besoins vitaux par l’AVS.

C’est que les rentes AVS sont endiguées volontairement depuis plus de 40 ans, soit dès la création du deuxième pilier. A cette époque, la moitié de la rente maximale AVS permettait de payer le loyer et les primes d’assurance maladie. Or, depuis lors, les rentes AVS ont clairement pris du retard par rapport aux salaires. Les pingres adaptations au coût de la vie calculées tous les deux ans ne sont pas des augmentations. Au mois de juillet, le Conseil fédéral a même décidé qu’il n’y aurait aucune adaptation durant deux ans.

Au moment où la fragilisation du deuxième pilier n’a jamais été aussi flagrante, l’offensive contre les retraites est des plus vives. Le projet du Conseil fédéral PR 2020 veut imposer des diminutions automatiques des rentes AVS et propose la baisse des rentes du deuxième pilier en faisant passer le taux de conversion de 6,8 à 6, sans respect de la votation populaire en 2010. La commission du Conseil des Etats a tenté un bricolage: l’AVS deviendrait la roue de secours du deuxième pilier, avec une aumône de 70 francs  pour les seuls nouveaux retraités. L’augmentation de l’âge de la retraite à 67 voire à 70 ans se profile comme jamais.

Le système de l’AVS par répartition est sûr et bon marché. Les cotisations payées durant l’année paient les rentes de l’année suivante. La Confédération participe pour 19,5% aux coûts, grâce essentiellement aux revenus sur l’alcool et le tabac. Ce système solidaire, simple et transparent, a permis à l’AVS de faire face aux crises et à la démographie. S’il y a 20 ans on comptait 4 millions de travailleurs, ils sont 5 millions aujourd’hui. Les primes de l’AVS n’ont pas évolué depuis plus d’une génération (4,2% paritairement, employé employeur). La légère diminution de rendement l’an dernier fut compensée sans problème par les milliards du Fonds AVS, qui se porte à merveille au point d’avoir pu prêter 15 milliards à l’AI.

Voilà pourquoi, au moment où le 2e pilier se fragilise, l’initiative AVSplus est un symbole fort de notre pacte social. Parce que l’AVS ne fait pas l’objet de spéculations. Parce qu’elle présente un rapport coût/prestations imbattable. Parce que c’est le chemin pour appliquer la Constitution fédérale qui évoque la couverture des besoins vitaux par l’AVS. Parce que les jeunes doivent pouvoir compter sur des rentes AVS solides au moment de leur retraite. Parce que les femmes en profiteront car elles ont actuellement un sérieux problème avec le niveau de leurs rentes.

Ne nous laissons pas berner, votons et faisons voter AVSplus le 25 septembre.

Christiane Jaquet,
députée au Grand Conseil
du canton de Vaud,
membre POP, présidente
de l’AVIVO Suisse