Rencontre avec Christian Dick, la plume du Léman

L’auteur Christian Dick

Interview de l’auteur du Toucan 5 – Le disparu de Lutry

Gil. Colliard  |  Avec «Le disparu de Lutry», Christian Dick a tenu en haleine les lecteurs du Courrier qui retrouvaient hebdomadairement courant 2018, en dernière page, l’enquête policière menée par l’inspecteur de la police de sûreté à la retraite, Benjamin Cordey, éditée sous forme de feuilleton. Une intrigue ayant pour toile de fond le monde nautique du Léman, dont le dénouement n’a pas été publié. L’auteur, qui est aussi un fidèle correspondant du Courrier de la chronique «voile» s’est prêté à une petite interview.

Le Courrier: Christian Dick qui êtes-vous ?

C.D. : je viens de franchir le pas de la soixantaine, père de famille de jeunes adultes, je vis à Epesses. Bien que mon nom ait une origine bernoise, ma famille à la bourgeoisie de Vevey. Passionné de voile, je suis sur l’eau avec mon voilier amarré à Moratel (port à l’est de Cully) tous les week-ends. La moto est une autre de mes passions.  

Le Courrier: qu’est-ce qui vous a mené à l’écriture?

C.D. : j’ai toujours mis à profit les semaines de vacances liées à ma profession indépendante dans le monde du bâtiment pour réaliser quelque chose de constructif. Féru de lecture, l’écriture me procure beaucoup de plaisir. Aussi, j’ai publié ma première énigme policière «Le disparu de Moratel» en 2016, suivi par un récit de voyage «D’un océan à l’autre par la Route 66» en 2016, puis mon dernier ouvrage qui vient de sortir aux éditions Encre Fraîche «Toucan5 – Le disparu de Lutry». 

Le Courrier: la version parue dans le journal est-elle identique à celle du roman?

C.D. : le livre offre une version allégée, épurée, élégante. Le texte a été remanié pour une plus grande compréhension. Un lexique avec photos, en fin de livre, a été ajouté, décrivant les types de voiliers, permettant au néophyte de pénétrer plus aisément dans le monde de la voile. 

Le Courrier: dans votre dernier opus, on retrouve certains personnages découverts dans «Le disparu de Moratel». Sommes-nous dans la lignée d’une série policière telle celle conçue par Agatha Christie avec son célèbre Hercule Poirot? 

C.D. : c’est exact, Benjamin Cordey, Amanda, le vigneron Parisod et son bon sens terrien, sans oublier le Calamin sont au cœur de cette nouvelle enquête. Ce sont des personnages auxquels je me suis attaché. Ils ont mûri, grandit. Cordey, l’inspecteur retraité, échappe toujours aux règles. Quant à la suite, je peux dévoiler qu’une troisième énigme policière est en cours d’achèvement et qu’une quatrième prend déjà forme. Cependant, mes personnages ont déjà de la bouteille, donc pour rester crédible, je ne peux pas aller beaucoup plus au-delà de ces quatre aventures.

Le Courrier: qu’est-ce qui vous attire dans le genre «polar»?

C.D. : c’est un genre que j’apprécie. Il faut une construction rigoureuse pour mener à bien une énigme plausible. La logique est de rigueur. On peut faire dire beaucoup de choses aux personnages, utiliser des sujets qui collent à l’actualité, à la société, leur donner des couleurs politiques. La notion de disparition offre à l’écrivain tout un faisceau d’hypothèses, permettant de captiver le lecteur.

Le Courrier: «Toucan5 – Le disparu de Lutry» fourmille de détails. Il se lit comme un reportage sur un fait réel. Est-ce le cas?

C.D. : il s’agit d’un travail d’imagination qui fait ressortir un fait réel, pour l’intégrer au récit d’une histoire inventée. La trace du bateau «Toucan 5» a été perdue. Je m’en suis assuré auprès du président de la Société des «Toucan». J’ai pu ainsi lui donner une histoire. Quant aux détails qui jalonnent mon ouvrage, ils sont fondés. Les résultats des régates, les bulletins météorologiques sont issus des documents mis gracieusement à ma disposition par la Société Nautique de Genève. J’ai également vérifié l’exactitude des descriptifs des différents endroits mentionnés dans mes pages. 

Le Courrier: a-t-il été facile de trouver un éditeur? Quels sont les retours suivant la publication?

C.D. : j’ai adressé mon manuscrit à plusieurs éditeurs et j’ai reçu des réponses positives, constructives. Outre l’énigme qui sert de fil rouge, mon travail a été perçu comme une chronique lémanique originale, tout public. Il n’y a pas de romans policiers qui ont pour cadre les ports de notre région. Un exemplaire m’a été commandé par le musée du Léman! J’ai choisi la maison d’édition «Encre Fraîche», une jeune équipe genevoise, qui fut la première à me proposer la publication. Depuis la sortie du livre, j’ai eu plaisir à participer à différentes séances de dédicaces, entre autres, chez Payot ou à Bex dans une librairie spécialisée dans le polar actuel. La publication dans «Le Courrier» m’a aussi offert une vitrine.

Merci à Christian Dick qui nous a accordé quelques instants d’échanges sympathiques. Laissons-le retourner à ses écrits, à la contemplation de notre monde contemporain, auquel il emprunte des bribes pour leur redonner vie dans ses pages, qu’il aime à finaliser face au Léman. Quant à nous, lecteurs avides de connaître le fin mot de l’histoire «Toucan5 – Le disparu de Lutry», il ne nous reste plus qu’à acheter ce bel ouvrage, disponible en librairie.