Que faire pour bien faire ?

Lavaux Patrimoine mondial et «Vivre Lavaux», conférence du 3 mai à Chexbres

Didier Grobet. |. En bon vaudois assumant parfaitement cette qualité, Jean-Marc Badoux, un des deux vignerons échangeant vendredi soir dernier à Chexbres sur la question de la culture de la vigne en production intégrée ou en bio-biodynamie résumait ainsi le débat suivi par une vingtaine d’intéressés: «Que faire pour bien faire?» Nous y reviendrons plus loin. Mais ceci résume aussi très bien les questions à venir pour Lavaux Patrimoine mondial (LPm) et son sous-ensemble, le groupement «Vivre Lavaux» qui regroupe les membres de LPm habitant la région et particulièrement intéressés au «vivre ensemble».

Gérald Vallelian et Jean-Marc Badoux

Bravo à eux!

Très motivés, porteurs d’envies et de projets pour que les habitants non vignerons du périmètre Lavaux se sentent aussi concernés par le label LPm et s’intéressent à partager sur les vies et les métiers d’ici, ils ont organisé cette première conférence dans le but louable de créer un premier lien. Il faut malheureusement constater qu’en dehors de quelques vignerons ou d’amis connaissant déjà très bien le monde du vin, c’est une poignée d’habitants qui étaient présents. Mal récompensés, les «leaders» de Vivre Lavaux, Tobias Imobersteg en tête, n’étaient nullement découragés pour autant et proposeront d’autres rencontres à l’avenir. Bravo à eux! Le président de Lavaux Patrimoine mondial, Me Michel Chavanne, un jurassien (!) fourmille aussi de projets pour cette association qui mérite l’intérêt du lecteur (www.www.lavaux-unesco.ch). Revenons-en aux échanges amicaux du jour entre Jean-Marc Badoux, défenseur d’une culture respectueuse de la nature mais économiquement viable et Gérald Vallelian, le syndic de St-Saphorin et vigneron œnologue adepte du bio. Tous deux sont en fait d’accord sur une multitude de points, y compris le soin à sa vigne, à son environnement direct (le sol, le vrai patrimoine selon Gérald Vallélian) et indirect (saviez-vous que le lac est le plus grand réservoir d’eau douce d’Europe?). Ils ont d’ailleurs repris à leur compte cette jolie formule: «Toute société qui maltraite son agriculture est décadente». Tous deux respirent aussi la passion et le métier et nous rappellent au besoin qu’il ne suffit pas de regarder pousser la vigne. Pièges à phéromone, PER, Esca, agrowiki.ch, dahu.bio, sel de cuivre, préparations biodyn, Rudolf Steiner, etcetera… Ils font découvrir au public de nombreux aspects peu connus du seul amateur et donc sans doute des habitants de Lavaux qui étaient attendus. Ils sont même d’accord sur les spécificités des vins bio ou non bio qui n’en font pas des vins meilleurs ou moins bons mais à coup sûr différents. Où les deux gaillards se regardent de manière plus goguenarde, c’est quand il s’agit de parler de rendement ou des méfaits des produits de synthèse. Quant à la question de savoir pourquoi aujourd’hui seuls sept (huitième en cours) vignerons sont officiellement «bio» sur cent cinquante, elle ne sera pas tranchée. Mais quand il s’agit de réunir tout le monde pour le verre de l’amitié, de déguster les vins de Jean-Marc (cave à Chenaux) et de Gérald (domaine des Faverges à Chexbres), la franche camaraderie reprend vite le dessus et l’assemblée prend le ton convivial comme on aime par ici.