Quand construire une nouvelle route est gagnant, pour tout le monde

Certains ont sans doute dû s’étrangler lorsque le canton a inauguré la nouvelle RC 177 en octobre dernier

Nicolas Leuba |  En 2018, construire encore des routes, quelle hérésie! Et pourtant, avec ce nouveau tronçon, tout le monde est gagnant. Pour rappel, la RC 177, longue de 5,5 kilomètres, relie désormais la jonction autoroutière de Cossonay à la zone industrielle de Vufflens-la-Ville – Aclens, au nord-ouest de Lausanne. Elle s’inscrit dans la politique du canton en matière de mobilité: le rail pour les longues distances, la route pour la desserte fine des derniers kilomètres. Grâce à la nouvelle RC 177, la complémentarité entre la route et le rail pour le transport des marchandises est donc renforcée. Mais ce nouveau tronçon permet également de réduire le trafic et d’améliorer la qualité de l’air dans l’ouest lausannois, qui offrait jusqu’ici le seul accès à l’autoroute pour les poids lourds. Sans compter qu’il déleste les zones habitées de plusieurs localités des nuisances dues à la circulation. Last but not least, plus de 50 mesures environnementales ont été réalisées pour réduire l’impact sur la nature, la faune et la flore, ainsi que revitaliser notre chère Venoge. La RC 177 en est ainsi un parfait exemple d’une collaboration intelligente entre les milieux économiques et politiques. Aujourd’hui en Suisse, plus de 56% du transport des marchandises s’effectuent par la route. Si notre économie – du fait notamment de sa rapide digitalisation – connaît une profonde mutation, le trafic routier restera nécessaire. Contrairement aux prévisions de certains, on ne pourra pas se passer de la route, tant pour le transport individuel ou collectif que pour le transport de marchandises. Si les consommateurs peuvent effectivement faire leurs achats depuis leur domicile, encore faut-il des routes et des véhicules pour acheminer les marchandises! L’augmentation du nombre d’usagers – notamment aux heures de pointe – montre également les limites de notre réseau. Il est donc indispensable de se donner les moyens d’entretenir et de développer notre réseau routier afin de garantir une fluidité optimale du trafic, nécessaire aussi bien au bien-être de la population qu’à la prospérité de nos entreprises et de notre économie en général. Construire des routes n’est donc pas une hérésie. Ni une fin en soi. Le développement de nos infrastructures doit se faire de manière réfléchie, en favorisant les complémentarités entre les différents types de transports. Dans un pays comme le notre, habitué aux mécanismes horlogers compliqués, rompu à l’art du compromis et du juste milieu, nous savons toutefois que tout est question de dosage et de subsidiarité. A l’image de la RC 177.