Pour que les enfants jouent Raymonde Caffari-Viallon – Editions Loisirs et pédagogie

Milka  |  Les deux études que présente ce volume sont fondées sur l’observation du jeu spontané de jeunes enfants accueillis en garderie il y a une trentaine d’années (Les observations de la première partie ont été recueillies en 1979, celles citées dans la deuxième partie en 1989). Les enfants observés sont devenus adultes et ont à leur tour des enfants qui jouent. C’est pour cela que la réédition de ces deux textes a paru utile à l’auteure. Le monde change, l’environnement des enfants évolue, mais les enfants, eux, sont toujours les mêmes. Ils parcourent le même chemin de croissance, ils ont la même ouverture au monde, la même soif de connaître, d’expérimenter, de comprendre. Et les apports du jeu sont toujours aussi nécessaires et irremplaçables. Force est de constater que le jeu des enfants rencontre beaucoup d’entraves, aujourd’hui comme hier: les horaires hachés et tyranniques que vivent les adultes et auxquels les enfants doivent se soumettre; le désir des parents ou des professionnels de faire apprendre, le plus tôt possible, ce qui sera utile plus tard; la crainte des dangers pour le joueur et des nuisances pour l’entourage; les gadgets de tous ordres qui sont censés divertir et jouent à la place des enfants; les écrans et la fascination qu’ils exercent… Et surtout l’incompréhension de beaucoup d’adultes qui considèrent le jeu comme un simple passe-temps, si l’on n’a rien de mieux à faire. Accorder au jeu une place centrale dans la vie des jeunes enfants ne va donc pas de soi, d’autant que le jeu ne se décrète pas. C’est la psyché du joueur qui déclenche l’activité ludique. Or, pour pouvoir jouer, un enfant doit se trouver dans des conditions de bien-être physique et psychique que son quotidien ne lui offre pas toujours. Indispensable et menacé: ces deux caractéristiques du jeu des petits ont amené l’auteure à essayer de comprendre ce qui lui permet d’exister et ce que l’adulte peut faire ou, souvent, éviter de faire, pour le favoriser. Les deux parties de cet ouvrage portent l’une sur les jeux symboliques, l’autre sur les jeux à règle arbitraire. Le développement du jeu symbolique précède les premières formes de jeux réglés, l’âge des enfants observés n’est donc pas le même. En revanche, le cadre dans lequel les observations ont été faites est semblable: des lieux d’accueil collectifs. La démarche pour les deux études a consisté à recueillir un nombre significatif d’observations d’activités ludiques spontanées qui sont analysées, commentées et à partir desquelles sont élaborées des propositions pédagogiques. Une mise à jour a été effectuée pour que le lecteur du XXIe siècle se sente à l’aise. Ce livre apporte de nombreuses réponses aux questions que se posent les parents actuels tant sur l’attitude de l’enfant que sur la leur.