Pas le temps pour des états d’âme !

 Marie  |  Arrivée de bonne heure à l’aéroport de Genève, je suis étonnée de voir autant  monde. Il règne une ambiance mêlée d’allégresse et de tristesse. Des gens chargés comme des mules se croisent hagardes l’air fatigué, ils tirent leurs valises en levant de temps à autre les yeux vers les panneaux où s’affichent les vols. Leurs regards sont vides et pourtant chaque individu porte bien son destin, qu’on ne connaîtra jamais! Pas le temps pour des états d’âme, il faut continuer, chacun sur son chemin, je choisis le tapis roulant à la marche mais bizarrement je me fais dépasser. Je me demande s’ils vont tous prendre le même vol que moi. Ma destination, une ville en Europe distante de 2000 km. En avion cela représente un voyage d’à peine deux heures. Il est toujours agréable de prendre le petit déjeuner à Genève et se retrouver à midi à Lisbonne ou S. Jacques de Compostelle, le dépaysement est total. Mais pour y arriver il faut déjà que l’avion décolle. Ce matin-là une fois installés à notre place, le pilote nous avise d’un retard dû à un problème technique, la sécurité étant prioritaire tous les passagers devront attendre 40 minutes supplémentaires. J’ai voulu plaisanter avec mes voisins de siège en affirmant que depuis le hublot je voyais des mécaniciens changer une roue à l’appareil, sans quoi il ne pourrait pas glisser sur les nuages moutonneux parsemés dans le ciel!