Parque pas mon Jorat refuse « Le Jorat une terre à interdire au quotidien »

Gil. Colliard  |  Mardi 30 janvier, les 200 chaises mises par les intervenants de «Parque pas mon Jorat» n’ont pas suffi pour accueillir toutes les personnes interpellées par le projet du PNP (Parc Naturel Périurbain) du Jorat. Dépassant les attentes du comité, plus de 250 auditeurs se pressaient dans la grande salle de Froideville.

Avec un brin d’émotion dans la voix, André Jordan, président, après son message de bienvenue, expliqua de manière claire et concise les raisons de la fondation de «Parque pas mon Jorat». Le regroupement des forces en une association offre une légitimité et une fiabilité face au projet du PNP. Rassemblés sous le thème de «qu’est ce qui ne va pas dans notre Jorat», l’association entend refuser par tous les moyens la mise sous cloche des forêts du Jorat. Elle propose de mettre en valeur ce patrimoine forestier, de créer un label qui en favoriserait une exploitation ayant un impact écologique contrôlé. Il illustra les incohérences existantes entre les termes de l’ordonnance fédérale du 7 novembre 2007 sur la création des parcs d’importance nationale et les réponses apportées lors des ateliers participatifs par les responsables du projet, par la métaphore suivante: «quelle que soit la cuisson choisie pour son steak, il finira bien cuit!». Il s’interrogea sur les effets de ce projet «interdire l’accès aux Joratois pour y amener les citadins?».

Confisquer un patrimoine forestier entretenu et travaillé depuis des générations

Yvan Pahud, député et entrepreneur forestier à L’Auberson, invité à donner sa vision d’homme de terrain, non impacté par le projet, donc sans pression politique, contesta d’emblée l’emplacement prévu pour la création du PNP. Certes, la loi exige que le 10% des domaines forestiers soit mis en réserve, mais choisir ce territoire, à l’accès aisé, donc à moindre coût pour l’exploitation est un non-sens. Les bûcherons devraient travailler dans les côtes et les biologistes au plat? En agissant ainsi, on prive les grandes scieries de matière première régionale de qualité, représentant annuellement, le bois nécessaire pour la construction de 210 villas. Sans oublier l’utilisation du bois énergie qui équivaut à 460’000 litres de mazout/an. Est-il écologique de supprimer une ressource renouvelable de proximité pour aller la chercher ailleurs, par camion? Il cita l’exemple de Ste-Croix, où plusieurs communes regroupées, ont formé 3 réserves, soit 360ha, sans influence sur la production puisque situées dans des zones n’étant plus exploitées.

Un rêve urbanistique offrant une belle étiquette à Lausanne

Jean-Philippe Rey, de Froideville, géologue releva les différents points critiquables du projet. La zone centrale de 4.4km2 définie en fin 2017, sur les propriétés de l’Etat et de Lausanne, d’où la présence de ses excroissances, traversée par plusieurs routes bien fréquentées ne répond pas à un impératif écologique. Au niveau scientifique, l’étude de base ne démarre que cette année. Quant au volet politique, la décision appartiendra aux seuls conseils des communes concernées, en 2019. Lors des ateliers participatifs, la création du parc apparaît comme une solution inéluctable. On fait miroiter au citoyen la chance d’un processus «bottom up» dans une démarche de responsabilisation. Leurre! En réalité toutes les parties, tels qu’agriculteurs, entreprises, forestiers, gardes, etc. sont soumis à pressions. En zone centrale, il est interdit de quitter voies et chemins, seuls animaux autorisés, les chiens en laisse. Interdiction aux véhicules sauf non-motorisés à la condition que la signalisation le permette. Dans la zone tampon, l’exploitation sylvicole et agricole est interdite. Les responsables du projet PNP annoncent une fréquentation de 1.5 million de visiteurs/an dans les bois soit 4100/jour. La gestion de ce flux se ferait par 3 entrées, ce qui paraît difficile. Comment gérer le nombre de sangliers trouvant refuge dans cette zone sans intervention, idem pour les cervidés ? Le bostryche friand de bois morts ne s’arrêtera pas aux limites du parc ! Les bûcherons pourront-ils y travailler pour endiguer leur expansion ? Financièrement, ce dossier de candidature est une usine à gaz avec un crédit d’étude sur 4 ans de Fr. 1.9 million, dont le 33% est consacré à la promotion écologique et 66% à la communication pour convaincre du bienfondé du projet. Aucun budget de fonctionnement n’a été produit. Les coûts seront supportés pour 75% par la Confédération et le canton. Les 25% restant seront répartis entre les communes concernées. Pourquoi interdire plutôt qu’éduquer et responsabiliser les usagers. Dans ce but, des journées en forêt sont déjà organisées pour les classes.

Public acquis aux opposants du PNP

Après les nombreuses interventions et questions d’un public acquis aux opposants du PNP, André Jordan souligna que la création du PNP dépendra des votes des Conseils des communes clés (Froideville, Montpreveyres, Corcelles-le-Jorat, Jorat-Menthue et Ropraz). «Parque pas mon Jorat» s’engage à rencontrer les communes, surtout leurs Conseils communaux et généraux et utiliser tous les moyens modernes de diffusion pour parler des bois du Jorat tels qu’ils leur tiennent à cœur. La présentation se termina par un clip entraînant réalisé par Danielle Bouvier montrant les différentes façons de parcourir les bois du Jorat. Véritable ode à la liberté, chaleureusement applaudi. Alors que le verre de l’amitié était servi, de nombreuses personnes inscrivaient leurs noms sur les listes d’adhésion.

Coordonnées: Parque pas mon Jorat 1084 Carrouge

Secrétariat: 079 639 41 27 – Président: 079 287 78 75

Parquepasmonjorat@bluewin.ch – facebook

Cotisations annuelles: Fr. 30.- individuel / Fr. 50.- couple / Fr. 100.- société

Iban: CH74 0076 7000 K542 5720 6

Prochain rendez-vous: repas organisé au refuge de la Moille aux Frênes, le 26 mai 2018.