Palézieux-Gare – L’Orée-des-Bois se rebelle contre la construction d’un parking

Les banderoles ont fleuri sur les balcons alentours

Gil. Colliard  |  Que se passe-t-il à Palézieux-Gare, dans cette localité d’Oron, si tranquille ? Depuis fin mai, de grandes banderoles «Non au parking» sont accrochées aux balcons et fenêtres du quartier de l’Orée-des-Bois. Rassemblés en collectif, les habitants s’opposent à la mise à l’enquête de la Municipalité, du 12 avril dernier, projetant de transformer une parcelle engazonnée, propriété communale, située à l’entrée de ce quartier, en un parking de 31 places, 2 places handicapés et 9 places moto, pour un montant de Fr. 290’000.- Afin de connaître les arguments évoqués par les deux parties, nous nous sommes entretenus avec Catherine Gailland, du comité de représentation pour le quartier de l’Orée-des-Bois et les représentants de la Municipalité d’Oron, Olivier Sonnay (aménagement du territoire) et Daniel Sonnay (routes). 

Point de vue des opposants
Faisant opposition dans les délais impartis par la loi, les opposants ont motivé leur intervention en soulignant, en premier lieu, le problème de la sécurité, ce projet de parking, se trouvant sur le chemin emprunté par une quarantaine d’enfants pour se rendre au ramassage scolaire. Ils évoquent la tranquillité de ce quartier mise à mal par le supplément de trafic inhérent à cette infrastructure. « Nous avons appris ce projet lors de la mise à l’enquête. Dès lors nous avons décidé de nous opposer » expose Catherine Gailland, regrettant ne pas avoir eu une information préalable. « Le trafic, engendré par un parking utilisé par les gens qui se rendent à la gare, met en danger les résidents et surtout les enfants, dont l’arrivée des véhicules coïncident avec le départ pour l’école. Nous ne sommes pas contre la Municipalité mais contre le projet d’autant plus que l’entrée se situe non pas près de la route mais dans la zone 30km/h proprement dite. Ce ne sont pas une trentaine de places qui résoudront le problème des places de parc pour la gare, il en faudrait entre 400 et 600 ceci selon le chiffre articulé par la commune », souligne la jeune mère de famille, reconnaissant l’avantage d’habiter à proximité de la gare principale de la région. Cependant, elle relève l’emplacement inadéquat, en contradiction avec un quartier en zone 30km/h, dont le grand panneau entrave la visibilité pour les véhicules entrant. « Pourquoi ne pas mettre les zones bleues proches de la gare, en zone 12h ? » propose-t-elle. « Quant à l’utilisation de ce pré, bordé par la route, comme place de jeu pour les enfants, ce n’est pas l’idéal. Nous avions espoir qu’avec la démolition du pavillon scolaire, en face du quartier, l’emplacement libéré serait aménagé en place de jeu, ce qui n’a pas été le cas. Dès lors, ce pré est la seule « aire de jeu » à disposition des enfants à l’heure actuelle » conclut Catherine Gailland.

La parcelle engazonnée en question

Du côté de la Municipalité, la priorité et d’améliorer la situation de la gare
Devant faire face aux problèmes récurrents engendrés par le parcage des usagers du rail, l’exécutif oronais doit rechercher des solutions. Alors que le plan de quartier « sous gare » aurait apporté une réponse, les nouvelles dispositions de la LAT (Loi sur l’aménagement du territoire) l’ont condamné. Ce projet de création d’un parking sur la parcelle de l’Orée-des-Bois, propriété communale, a été largement adopté par le Conseil communal d’Oron avec 42 voix, 6 non et 3 abstentions. Trois oppositions ont suivi la mise à l’enquête. « Nous devons défendre les intérêts de 5500 personnes, les gens qui prennent le train doivent pouvoir se parquer. Cette trentaine de places, en zone prévue pour le développement, apporte déjà quelque chose. Ce terrain sera simplement recouvert d’un enrobé pour faciliter le parcage » explique Daniel Sonnay en regrettant la manifestation anti-parking qui s’est déroulée lors de la journée des « Dix Comme Une », le 27 mai dernier. « Cette parcelle a été achetée il y a deux ans par la commune d’Oron à un privé. Aucune demande n’a été faite, pour profiter de ce terrain » complète Olivier Sonnay qui signale aussi que lors de la mise à l’enquête du quartier de Monéaz, en 1998, le projet comprenait deux emplacements pour des places de jeux. A ce jour, un garage se trouve sur l’un des emplacements et l’autre est toujours partiellement disponible. La commune, après avoir reçu les opposants, en séance de conciliation, le 30 mai, traitera tout prochainement les oppositions. En cas de levée de ces dernières, un recours auprès de la Cour de droit administratif et public du Tribunal cantonal pourra être déposé.

Les 30 places de parc projetées