Paléo festival

L’usage unique banni de la plaine de l’Asse

Daniel Rossellat (à gauche) et Stéphane Demaurex se sont prêtés au jeu
des questions-réponses devant les élèves du 
Centre de formation au journalisme et médias à Lausanne 

Thomas Cramatte | Pour sa 45e édition, Paléo festival met fin à la vaisselle jetable. A l’image du gobelet réutilisable instauré depuis 2009, la vaisselle lavable investira les 90 stands de nourriture et permettra d’économiser 10 tonnes de déchets. Le fondateur et directeur de la manifestation, Daniel Rossellat, a présenté cette nouvelle stratégie lors de sa conférence de presse. « La vaisselle réutilisable est l’une des mesures phares de notre engagement environnemental. Notre but est de réduire de 25% les émissions de CO2 d’ici 5 ans » annonce le directeur du Paléo. 

Stratégie environnementale

Une commission d’experts externes et internes du Paléo Festival se questionne sur l’écologie depuis 1990. Des statistiques précises quant au bilan carbone du festival ont démontré qu’il s’élevait à 1043 tonnes de CO2 en 2010. Sachant que ce sont quelque 280’000 assiettes et 420’000 couverts en plastique qui finissent à la poubelle chaque année, les organisateurs ont estimé que la vaisselle lavable contribuerait alors à réduire l’impact environnemental du Paléo. Ainsi, pour cette édition 2020, la plaine de l’Asse accueillera 90 stands de nourriture munis de vaisselle réutilisable. « Un de nos challenges est la gestion des consignes », indique Stéphane Demaurex, responsable nourriture et boisson pour l’événement. Pour pallier à cela, 150 bénévoles supplémentaires ont été réquisitionnés pour les 14 points de retour vaisselle. Une consigne de 2 francs sera perçue à l’achat de chaque plat, ce prix permettant de rentabiliser les coûts de lavage et de production. Pour rester dans une cohérence écologique, la vaisselle sera lavée sur place (dans la mesure du possible) ou dans un rayon maximum de 10km. Les festivaliers pourront également faire don de leur consigne en faveur d’une association caritative. Un budget de 100’000 francs est investi pour lutter contre l’usage unique. Les organisateurs affirment qu’aucune répercussion ne sera à la charge des 230’000 visiteurs attendus du 20 au 26 juillet. Seuls les restaurateurs et tenanciers de stands observeront une très faible diminution de leur marge en raison de cette initiative.

Ambiance

« Notre engagement écologique ne doit pas non plus pénaliser le climat social », conclut Daniel Rossellat. Pour les organisateurs, tout doit être simple et fonctionnel lors d’innovation de ce genre. Car si la première expérience avec les festivaliers est négative, ceux-ci pourraient bien faire les durs d’oreille l’année suivante.