Oron-le-Châtel – Vendanges au château

Pressage à froid pour un chaleureux partage

Thomas Cramatte | C’est le froid et la pluie qui se sont incrustés aux vendanges du château. Mais le raisin, gorgé de soleil durant tout l’été, a vite transmis sa chaleur dans le cœur des vendangeuses et vendangeurs. Sous les conseils d’Alain Chollet, vigneron du Daley, il aura fallu moins d’une heure pour récolter les 400m2 de Solaris. «Pour ces 7es vendanges, nous avons décidé de scinder le vignoble en deux. 400m2 de Solaris pour le blanc et 400m2 de Divico pour le rouge» nous explique André Locher, président de l’Association pour la conservation du château d’Oron. Très résistants aux intempéries et à l’altitude, avec un temps de maturation réduit, ces deux cépages s’adaptent à merveille sur les terrasses situées devant le château. Multi résistant, le Divico devra mûrir encore quelques semaines avant d’être vendangé. 

Un peu d’histoire

En 2009, lorsque les terrasses du château ont été rénovées, André ne savait pas trop quoi y planter. «Alain Chollet m’a alors proposé d’installer des vignes. Cela tombait à merveille, car sur une peinture datant du XVIIIe, on distingue un vignoble en aval du château. En plus, je préfère boire du vin plutôt que de brouter du gazon», conclut André en rigolant. Une fois le feu vert du service des monuments historiques, la première plantation de Solaris prend possession des terrasses en 2010. Mais il aura fallu attendre 2012 pour que les vignes arrivent à maturation et que l’on assiste aux premières vendanges.

Moment de partage

Ils étaient nombreux à répondre présents à cette activité millénaire. «Les vendanges, c’est avant tout le partage d’un bon moment», nous fait part une vendangeuse sécateur à la main. Les gestes ancestraux des vendanges créent un lien fort avec la terre. Un peu comme un retour aux sources, nous explique un vendangeur tout sourire. Une fois les grappes remontées à l’aide de caisses, le raisin est d’abord compressé avec des pilons avant d’être introduit dans le pressoir. A l’abri sous le ponton du château, les vignerons d’un jour contractent leurs muscles pour presser le raisin. Et oui, les vendanges ce n’est pas seulement du vin, mais aussi de l’huile de coude! De nombreuses autres étapes attendent le raisin avant sa mise en bouteille. Débourbage, fermentation en tonneaux, clarification et autre stabilisation, le tout toujours 100% bio. Mais pour l’heure, il est temps de partager le produit des vendanges précédentes. 

Jean-Marie Mesot et Alain Chollet à l’œuvre
Les vendangeuses et vendangeurs
Alain Golay à la récolte
Le Solaris