Oron-la-Ville – L’Amérique, c’est Oron !

Aujourd’hui et jusqu’à samedi 29 septembre

Douglas LeBorgeau  |  Du 27 au 29 septembre, Oron sera en effervescence. Devant le succès quasiment inespéré de l’édition 2016 du festival «L’Amérique à Oron», il devenait inéluctable que le comité présidé et dirigé par Marie Musy renouvelle l’expérience. Mais au départ, cela n’a pas été tout seul! L’idée de créer ce festival est venue il y a quelques années de Marie Musy. Elle a pris contact avec Francis Geffard, «premier ministre» du «Festival America» de Vincennes à Paris. A part organiser ce festival, il travaille chez l’éditeur Albin Michel. Ils en ont discuté et l’idée de créer un «petit frère» à Oron a fait son chemin. De retour en Suisse, Marie en a parlé à plusieurs amis, notamment à Jean-François Schwab qui a tout de suite été enthousiaste. Par la suite, pour cette nouvelle édition, un comité «béton» de gens motivés a été mis en place: Jean-François Schwab, secrétaire et responsable de la communication, David Spring trésorier (entre autres), Nicolas Sandmeier, membre fondateur, s’occupe des relations avec la commune et des commerçants d’Oron, Manguy Planche et Johanne Boulat ont à définir la tâche des 50 bénévoles qui œuvrent pour et autour de ce festival. Quant à Marie Musy en accord avec son comité, elle choisit les auteur(e)s disponibles, la plupart ont fait le voyage des USA pour le «9e Festival America» de Vincennes, près de Paris qui a eu lieu la semaine dernière du 20 au 23 septembre. Par rapport à Oron, le Festival de Vincennes est énorme. Elle y a choisi des auteurs qu’elle admire et qui sont d’accord de venir à Oron. Son budget n’est que de 500 francs par auteur, tout compris, hôtel, nourriture et déplacement depuis Paris. L’intendance aux niveaux des livres à disposition sur les stands est primordiale. Pour chaque auteur(e)s venu spécialement pour les deux festivals des USA, que se soit en français ou dans sa langue maternelle, on se doit de les alimenter en livres pour ne pas être en manque. Ce serait dramatique qu’un auteur soit en rupture d’ouvrage qu’il a écrit. Mais nul ne sait ce qui va être vendu ou dédicacé. C’est là que l’expérience des libraires est primordiale. Pour la deuxième édition de «L’Amérique à Oron», cinq auteurs venus spécialement des Etats-Unis, seront présents. Durant deux jours, ils donneront des conférences et dédicacerons leurs ouvrages. En plus, les traducteurs francophones seront aussi à Oron. A la fin des deux journées – jeudi à 18h45 et vendredi à 19h – des concerts sont prévus avec les groupes «The Compagny of Men», «The Shoeshine Boys» et «Azile». Vendredi soir, le film «Un homme presque parfait» de Robert Benton d’après le roman de Richard Rosso présent au Festival, sera présenté. Seul, ce film sera payant (Fr.15.-) alors que toutes les autres manifestations sont gratuites.

Présentations des auteurs

Poète et écrivain, Christian Kiefer  enseigne à Sacramento, en Californie. Salué comme l’une des nouvelles voix les plus prometteuses de la littérature américaine contemporaine, il signe son deuxième roman après «The Infinite Tides» (non traduit). Michael Farris Smith  vit à Oxford, Mississippi. Après «Une pluie sans fin», «Nulle part sur la terre» est son deuxième roman. «Polar bouleversant et tragique, brillamment écrit à coups de fouet» écrit Le Figaro Magazine. Jean Hedland  est née en 1956 dans l’Etat de Washington. Accumulant les petits boulots, elle devient finalement professeur, et se plonge dans l’écriture à l’âge de 25 ans. «Dans la forêt», son premier roman, rencontre un magnifique succès. Reconnue pour son œuvre romanesque et poétique, distinguée par de nombreux prix, Laura Kasischke  vit dans le Michigan. Elle y enseigne l’art de l’écriture à l’université. Sa poésie et ses nouvelles sont publiées aux éditions Page à Page. «Eden Springs» est son dixième roman traduit en français. Faire venir spécialement un prix Pulitzer à Oron relève de l’exploit: Richard Russo  est né en 1949 aux Etats-Unis. Après avoir enseigné la littérature à l’université, il se consacre à l’écriture. Il est notamment l’auteur du «Déclin de l’empire Whiting» (2002) qui lui a valu le Prix Pulitzer (voir encadré) la même année. Deux de ses romans ont été adaptés à l’écran: «Un homme presque parfait» (1994) qui sera projeté vendredi soir au cinéma d’Oron et «Le Déclin de l’empire Whiting» (2005). Grâce à l’intermédiaire de son éditrice en France, Alice Déon (Editions de la Table Ronde), il sera présent à Oron. Il est auteur d’un recueil de nouvelles, d’un récit et de huit romans, dont le premier «Un homme parfait», a été adapté au cinéma en 1994 et interprété notamment par Paul Newman. Il est l’une des plus grandes influences pour des générations d’auteurs américains. Ses romans, des chroniques sociales épatantes à l’humour décapant, font de lui l’un des plus importants écrivains américains de tous les temps! En France, il a été très justement récompensé l’automne dernier par le Grand Prix de Littérature américaine 2017 pour son dernier roman «A malin, malin et demi». Du 27 au 29 septembre, venez découvrir, rencontrer, écouter, l’immense, le génial, l’unique Richard Russo. Les dédicaces ont lieu sous tentes, les tables rondes, les conférences et les joutes de traduction au Café de l’Union. Jeudi 20, une lecture en musique du texte de Jack London par Nicolas Soguel et Lucienne Serex aura lieu au Cinéma d’Oron (voir programme et horaires dans l’encardé en bas de page.)

Le comité devant la libraire d’Oron : Manguy Planche, Johanne Boulat, Jean-François Schwab, Nicolas Sandmeier, Marie Musy et Davig Spring

Le Prix Pulitzer

(Extrait de Wikipédia) Le fondateur du prix Jozsef Pulitzer (1847-1911) est né en Hongrie. Arrivé aux Etats Unis à 17 ans en pleine guerre de Sécession et il s’engage dans le 1er Régiment de Cavalerie des Volontaires de New York. A la fin de la guerre, il s’installe à Saint-Louis sans le sou. Après des petits boulots, ses talents d’écriture le font remarquer dès 1868. Il trouve une place de journaliste au Westliche Post ce qui lui permet d’étudier le droit en fin de journée. Après s’être fait naturaliser américain, il rejoint le parti républicain et obtient un succès fulgurant. Cela lui permet de rejoindre la législature de l’Etat du Missouri dès le début de l’année 1870. Il a moins de 23 ans et n’a pas encore l’âge légal requis pour le poste (25 ans), il passe outre. Joseph Pulitzer devient actionnaire en 1879 du Saint-Louis Post-Dispatch. Il fonde ensuite la Pulitzer Publishing Association, avec qui il rejoint l’Associated Press en 1893. Il acquiert entre-temps le New York World, fortement déficitaire du multimillionnaire Jay Gould en 1883 et devient concurrent direct de William Randolph Hearst, le célèbre mania de la presse. Lorsque ce dernier rachète en 1895 le quotidien rival New York Journal des mains de son frère Albert Pulitzer, une guerre commerciale les oppose. Grâce à leur art consommé du scandale, les deux hommes développèrent le journalisme jaune, sorte de presse à sensation à publicité tapageuse. Pulitzer utilisa ce journal afin de récupérer, à travers tous les Etats-Unis les fonds permettant de construire la base de la Statue de la Liberté. Joseph Pulitzer, éditeur du journal World, crée en 1904 son prix, mais il n’est vraiment mis en place qu’en 1917. Ce prix était attribué à une douzaine de catégories qui vont du journalisme et des arts. Aujourd’hui est décerné pour 21 rubriques, dont: reportages, éditorial, caricature, photographie, roman, biographie, théâtre, poésie, histoire et la musique. Une enveloppe de 10’000 dollars accompagne le prix (en 1917 le $ équivalait à environ 10x la somme d’aujourd’hui), remis au mois d’avril à des personnalités américaines, alors que le lauréat du prix du service public remporte une médaille d’or. Bien qu’il soit moins doté, il tient la comparaison d’un prix Nobel.

Directrice et présidente

Marie Musy aidée de Nicolas Sandmeier ont repris la librairie d’Oron en 2014. Auparavant, en lieu et place de la quincaillerie Jan et après 5 ans d’activité, une autre librairie lui avait remis le flambeau. Mais reprendre une librairie à Oron était une gageure. La passion de Marie pour les livres, surtout américains, a fait le reste. Châtel-Saint-Denis, Savigny, Mézières ou Moudon, les agglomérations proches d’Oron, manquaient cruellement d’un service professionnel de libraire. Cette échoppe fort bien achalandée, recèle pratiquement tous les livres qui font l’actualité. Ils sont immédiatement disponibles. En plus des ouvrages que toute bonne librairie se doit d’avoir, Marie met l’accent sur les auteurs américains. C’est son domaine de prédilection, là, elle est incollable. Dans sa biographie, on peut y lire: «Petite, Marie aimait les livres et les arbres». Plus tard, il a fallu se rendre à l’évidence, elle n’avait pas la carrure pour être bûcheronne. Donc, elle a choisi de devenir libraire (les arbres sont réduits en pâte avant d’être séchés pour faire du papier). Ce métier, elle l’exerce avec un enthousiasme sauvage depuis une vingtaine d’années. Aujourd’hui, elle aime toujours lire, de préférence des auteurs américains, idéalement au pied d’un arbre. Malheureusement pour elle, elle n’a que rarement l’occasion de lire des livres aux pieds des arbres. Les contraintes de sa librairie lui en donne que très rarement l’occasion.

Programme

Jeudi 27 septembre – 14h30 Ouverture du festival au Café de l’Union – 15h30 -17h Dédicaces de tous les auteurs – 17h-18h30
«Parcours d’écrivains», présentation de Jean Hegland, Laura Kasischke, Christian Kiefer, Michael Farris Smith et Richard Russo. Animation Jeff Schwab & Marie Musy. Interprètes Sophie Aslanides, Corinne Borloz, Johanne Boulat et Céline Leroy. 18h45 Concert The Company of Men. Sur la place – 20h Lecture en musique de «Construire un feu» de Jack London par Nicolas Soguel et Lucienne Serex. Au cinéma d’Oron-la-Ville, entrée libre

Vendredi 28 septembre – 10h30-11h Dédicaces de tous les auteurs – 11h-12h Dédicaces de Jean Hegland, Laura Kasischke et Richard Russo – 11h-12h «Les routes de la rédemption» avec Christian Kiefer et Michael Farris Smith. Animation David Spring. Interprètes Johanne Boulat et Corinne Morey – 12h-12h30 Dédicaces de tous les auteurs – 12h30-14h Dédicaces de Christian Kiefer et Michael Farris Smith – 14h-15h «Un monde de femmes» avec Jean Hegland et Laura Kasischke. Animation Manguy Planche. Interprètes Sophie Aslanides et Céline Leroy. – 15h-17h Dédicaces de tous les auteurs – 17h-18h Dédicaces de Christian Kiefer et Michael Farris Smith – 17h-18h «Etre un écrivain américain dans l’Amérique de Trump» avec Jean Hegland, Laura Kasischke et Richard Russo. Animation Jeff Schwab. Interprètes Sophie Aslanides, Corinne Borloz et Céline Leroy – 18h15-18h45 Présentation du livre posthume de Philippe Rahmy «Pardon pour l’Amérique» en présence de Tanja Rahmy. Au café de l’Union – 19h Concert The Shoeshine Boys. Sur la place – 20h «Un homme presque parfait», film de Robert Benton d’après Richard Russo, qui présente le film. Entrée 16 frs.

Samedi 29 septembre – 10h-10h30 Dédicaces de Christian Kiefer et Laura Kasischke – 10h30-11h Dédicaces de tous les auteurs – 10h30-12h30 Atelier dessin et bricolage (construction de bateaux), dès 4 ans – 11h-12h Dédicaces de Jean Hegland et Laura Kasischke – 11h-12h
«Ecrire ce qui m’entoure» avec Richard Russo, Michael Farris Smith et Christian Kiefer. Animation Marie Musy. Interprètes Corinne Borloz, Noémie Desarzens et Corinne Morey – 12h-12h30 Dédicaces de tous les auteurs sauf Laura Kasischke – 12h30-13h30 Dédicaces de Jean Hegland, Christian Kiefer, Richard Russo et Michael Farris Smith – 13h30-14h30 Dédicaces de Jean Hegland et Michael Farris Smith – 14h-15h30 Joutes de Traduction avec Sophie Aslanides et Anatole Pons, sur un texte inédit de Laura Kasischke (en présence de l’auteur). Animation Johanne Boulat. En partenariat avec le Centre de traduction littéraire de l’UNIL – 14h-14h30 Dédicaces de Jean Hegland et Michael Farris Smith – 14h30-15h Dédicaces de Christian Kiefer – 15h-15h30 Dédicaces de Christian Kiefer et Richard Russo – 15h30-16h
Dédicaces de tous les auteurs – 16h-17h Course de bateaux à la rivière le Flon avec présence des auteurs – 17h-18h30 Dédicaces de tous les auteurs – 18h30-19h Goodbye and see you in 2020 ! Au café de l’Union – 19h Concert de AZILE sur la place.