Oron dit au revoir à l’un des siens

OC  |  C’est toute la région d’Oron qui est venue rendre un dernier hommage, en ce jeudi 17 mars, à Pierre-Etienne Tésaury. Le temple d’Oron ne fut pas assez grand et beaucoup suivirent la cérémonie depuis l’extérieur.
Comme le mentionna le pasteur, très peu l’appelait Pierre ou Pierre-Etienne, et presque tous l’appelaient Poussin, nom que lui donna sa mère dès son enfance et qui resta comme une marque déposée. A Oron il n’y avait qu’un Poussin et tous savaient qui c’était. Né au village, il y habita toute sa vie, prenant part aux activités de la région en tant que conseiller communal et conseiller de paroisse. Il reprit la menuiserie créée par son père Pierre et il la remit à son fils Sébastien.
Poussin aimait son métier de menuisier, la bonne odeur du bois et sut très vite donner une réputation de qualité à son entreprise. Beaucoup d’apprentis se sont formés à la Poya et souvent furent parmi les premiers du canton. Bien avant que les ordinateurs et ploters existent, Poussin, à l’esprit très pratique, mit au point un système de dessin technique avec une règle coulissante qui permettait de réaliser rapidement des tracés techniques très précis.
En 1966, il se maria avec Marie-Josée, que tout le monde appelle Majo. Elle lui donna deux enfants, Fabienne et Sébastien qui chacun leur donnèrent deux petits-enfants. Lors de la cérémonie d’adieu, le pasteur leur fit allumer une bougie chacun, donc quatre bougies, et récita ce texte que Poussin aimait bien:
Quatre bougies brûlaient lentement. L’ambiance était tellement silencieuse qu’on pouvait entendre leur conversation.
La première dit : Je suis la Paix ! Cependant, personne n’arrive à me maintenir allumée. Je crois que je vais m’éteindre. Sa flamme diminua rapidement et elle s’éteignit complètement.
La seconde dit: Je suis la Foi ! Dorénavant je ne suis plus indispensable, cela n’a pas de sens que je reste allumée plus longtemps. Quand elle eut fini de parler, une brise souffla sur elle et l’éteignit.
Triste la troisième bougie se manifesta à son tour: Je suis l’Amour ! Je n’ai plus de force pour rester allumée. Les personnes me laissent de côté et ne comprennent pas mon importance. Elles oublient même d’aimer ceux qui sont proches d’elles. Et sans plus attendre elle s’éteignit.
Soudain, un enfant entre et voit les trois bougies éteintes. Pourquoi êtes-vous éteintes ? Vous deviez être allumées jusqu’à la fin. En disant cela, l’enfant se mit à pleurer.
Alors la quatrième bougie parla: N’aie pas peur, tant que j’ai ma flamme, nous pourrons allumer les autres bougies. Je suis l’Espérance !

Comme une bougie, Poussin s’est éteint le 13 mars. A sa famille, la rédaction formule ses plus sincères condoléances.