No Future !

Le sommet de Davos s’est clos la semaine passée sur un vide désolant. Chaque année les grands de ce monde se réunissent sans pour autant prendre de décisions. A chaque sommet, la montagne accouche d’une souris. Des accords sont sans doute signés, mais ils ne concernent vraisemblablement pas le commun des mortels. Les médias s’acharnent chaque année pour dénicher une information digne d’intérêt. C’est la croix et la bannière pour trouver un sujet dans cette vacuité, rien ne filtre. Il faut savoir que ce club, ultra select, possède ses ayants droits et que personne n’y entre sans avoir été adoubé au préalable. Cette année pourtant, l’impensable s’est produit. Fifi Brindacier s’est fachée toute verte. Ne suivant que son instinct naturel, la gaillarde punkette suédoise a pris le train avec la ferme intention d’annoncer à ces professeurs et docteurs en économie qu’elle faisait la grève de l’école, na! L’innocence et la générosité du geste ont séduit les médias qui ont fait le premier pas et propulsé l’effrontée devant la porte du club. Christine Lagarde, magnanime directrice du Fonds monétaire international, l’accueille en proposant maternellement de lui offrir une chambre d’hôtel convenable. Fin de non recevoir et refus de Greta Thunberg. Son séjour est déjà prévu, sous tente avec d’autres scientifiques sur les hauts de Davos. Quel manque de respect pour les grands de ce monde !… Qu’importe, elle aura tout de même le privilège de s’exprimer au même titre que n’importe quel prince. Dont acte ! Mais la surprise est de taille dans ce monde policé. Du sarcasme convenu, on passe soudainement au mutisme. Le loup est dans la bergerie! Cette petite gamine ne détourne pas le regard et commence à prendre la classe en main. La leçon est magistrale et l’énoncé est imparable: le climat est en danger « la maison brûle ! » « Pour ne pas faire assez, il faudrait déjà faire quelque chose ! ». La sensation est désagréable, le caviar passera mal. Il ne fait pas bon se faire engueuler par ses enfants… surtout lorsque l’on emprunte sur leur dos.