Montpreveyres – Le PNP exclu de Montpreveyres

Conseil général extraordinaire du 16 mai

Gil. Colliard | Convoqué en séance extraordinaire, le Conseil général de Montpreveyres s’est réuni, jeudi 16 mai, pour débattre tout particulièrement sur la présence de la zone de transition du PNP sur le territoire communal. Selon le souhait exprimé par ses membres, lors de la séance précédente, Anne-Marion Freiss, présidente de l’Association «Jorat, une terre à vivre au quotidien» (JUTAVAQ) et Sophie Chanel, cheffe de projet pour le PNP ont été invitées à en présenter l’évolution. Elles sont accompagnées de Reynald Keller, inspecteur cantonal pour la partie technique.

De nombreuses assermentations

A 20h15, la petite salle du Tilleul s’étant entièrement remplie, Gabriel Klein, président du Conseil salua la présence des conseillers, des auditeurs, de la presse et de la RTS venus assister aux débats. Faisant suite à l’appel, 11 nouveaux conseillers furent assermentés, portant à 40 le nombre des membres du législatif communal. Quorum atteint, il fut procédé à une correction pointilleuse du long PV de la dernière séance. Après quelques communications des commissions, Mathieu Villet fut élu par applaudissements à la vice-présidence du Conseil, de même que Brigitte Gremillet accepta la charge de déléguée à l’Association intercommunale de l’établissement scolaire du Jorat (ASIJ) et Geoffroy Pautz, celle de délégué suppléant au Service intercommunal d’épuration des eaux de Mézières (SIEMV).

Le projet, son historique, son but et son plan de gestion

Entrant dans le vif du sujet, Anne-Marion Freiss procéda à une rapide rétrospective du projet de PNP du Jorat. JUTAVAQ a vu le jour en 2012. En 2014, les 13 municipalités des communes membres de l’association ont approuvé le projet d’étude du parc. La difficulté réside dans le chevauchement de trois législations liées à ce projet: internationale, fédérale et cantonale dans lequel s’inscrit le contexte légal du PNP. Le Jorat est un territoire unique. Il a une valeur patrimoniale, naturelle, scientifique, une qualité de vie et se situe proche d’un centre urbain. Il entre dans le cadre du label «Parc périurbain» attribué par la Confédération en 2016. Fin de la même année, l’équipe du projet est entrée en fonction pour donner forme au parc. 2017 fut la phase informative. 2018 celle de la consultation. Nous sommes en 2019 dans la partie décision. A ce stade, la Municipalité aurait pu se prononcer, mais elle a choisi de laisser le choix au Conseil. Le projet sera défini dans une charte composée d’un contrat de parc pour 10 ans et d’un plan de labellisation de 4 ans. Sophie Chanel présenta le parc naturel comme une opportunité de gérer et de valoriser durablement ce qui est le plus grand massif forestier du plateau suisse en réalisant des projets concrets qui auront pour but d’augmenter la biodiversité forestière, d’accompagner les activités des visiteurs et usagers de la forêt, de valoriser la relation vivante des hommes avec leur environnement forestier, ainsi que de renforcer la gestion durable des ressources et écosystèmes via la recherche scientifique. Elle détailla le plan de gestion du PNP du Jorat pour la période 2021-2024 (si labellisé) dont le budget s’élève à 3 millions, financés à 50% par l’Office fédéral de l’environnement (OFEV), 13% par l’Etat de Vaud, 24% par JUTAVAQ et 13% par des recettes d’exploitation et tiers (fondations, entreprises, etc.)

Un désir de garder un accès libre et sans contrainte

C’est dans un respect mutuel, comme l’avait demandé préalablement le président, que s’est déroulée la partie dédiée aux questions des conseillers. Ces dernières ont particulièrement porté sur l’utilisation des chemins, l’impact du déplacement des activités de la zone centrale à sa périphérie, le développement du tourisme. Va-t-on vers un parc à l’américaine avec un droit d’entrée à payer pour les habitants? Quel sera le développement des transports pour y amener le public? Bien que les réponses des trois intervenants se voulaient rassurantes, on devinait une certaine méfiance et une incompréhension illustrée par les propos de cette conseillère: «Je suis stupéfaite, car dans nos forêts nous allons aux champignons, on y voit des enfants, des chevaux, des chiens. Faut-il fabriquer une entité coûteuse à gérer, alors que nous avons déjà tout ça?» Une autre conseillère releva: «Le point positif de ce projet est la synergie à travailler ensemble pour l’avenir. Mais est-ce nécessaire de faire ce parc, ne rentrons-nous pas dans une démarche consumériste?»

Un refus clairement exprimé

Le président procéda au vote consultatif à bulletins secrets. A la première question : Acceptez-vous que la commune de Lausanne et l’Etat de Vaud, propriétaires sur le territoire de Montpreveyres mettent leurs surfaces en zone de transitions ? Le verdict fut sans appel : 30 non, 7 oui et 3 bulletins blancs. A la seconde question : Acceptez-vous que Montpreveyres mette en zone de transition une partie de sa propriété forestière, le résultat applaudi fut également un non écrasant par 33 voix pour 3 oui et 4 blancs. Jacques Chappuis, syndic remercia le Conseil pour son avis clairement exprimé. Dans le courant de la semaine suivant ces débats, la Municipalité avisera JUTAVAQ, des décisions prises lors de cette séance ainsi que de son retrait de l’association. Le dernier point de l’ordre du jour: nouvelle motion «Camille Dewarrat» refus de la zone de transition et demande de quitter l’association fut, après diverses discussions, réglé par le retrait de cette dernière par son auteur.

Malgré l’heure tardive à laquelle les débats se clôturèrent, nombreux furent ceux qui partagèrent le verre de l’amitié servi par la commune.