Mise à l’enquête pour une protection des vignes en Lavaux

Ce compromis à la vaudoise ne se déroulera pas sans pépins…

Thomas Cramatte. |. Le service du développement territorial (SDT) met à l’enquête publique le projet de plan d’affectation cantonal Lavaux (PAC). Après 5 ans de préparation, la mise à l’enquête pour une protection efficace en Lavaux débute enfin. A partir du 28 août jusqu’au 26 septembre 2019, cette mise à l’enquête a pour but la protection des caractéristiques paysagères et naturelles en Lavaux. Le PAC transcrit et précise les principes de protection prévus par la loi Lavaux pour les territoires situés hors zones à bâtir. Les communes de Bourg-en-Lavaux, Chardonne, Chexbres, Corseaux, Corsier, Jongny Lutry, Puidoux, Rivaz et Saint-Saphorin sont concernées. «Rappelons que Lavaux est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO», évoque Jacqueline de Quattro, conseillère d’Etat au département du territoire et de l’environnement. Le PAC a pour but la préservation de l’identité et des caractéristiques propres de cette région viticole. Il a également pour objectif d’offrir de bonnes conditions économiques et pratiques, mais aussi de définir l’usage du sol, les possibilités de construction et les éléments protégés dans les zones d’affectation concernées.

Un processus participatif

La conférence de presse conduite par Jacqueline de Quattro, conseillière d’Etat et cheffe du DTE

«Tous les acteurs en Lavaux ont été entendus durant ces deux dernières années, temps de préparation du plan. Le seul moyen d’arriver à un consensus était de proposer un processus participatif», précise Jacqueline de Quattro. Ainsi les communes, les associations de défense environnementales, les vignerons et agriculteurs, sans oublier les milieux économiques et touristiques, ont été consultés.Tous les acteurs concernés pourront s’informer en détail au bureau technique intercommunal de Jongny, Chardonne, Corsier et Corseaux, ainsi qu’au bureau du SDT à la rue de l’Université 5 à Lausanne. «Le but est d’entendre les réclamations des concernés, nul doute que chacun va tenter de récupérer un peu du lest qu’il a lâché» rappelle la conseillère d’Etat. Les communes restent maîtresses de leurs zones à bâtir. Les oppositions et les réclamations éventuelles peuvent être transmises par courrier aux communes concernées et au SDT. L’ensemble des documents et informations utiles sont disponibles sur le site: www.vd.ch/pac-lavaux. On y retrouve également une carte interactive des zones concernées. En plus des zones agricoles et viticoles, le PAC intègre également les zones d’utilité publique, les domaines routiers et ferroviaires, les forêts, les zones pique-niques, etc. Avec une première initiative élaborée en 1977 par Franz Weber, le contre-projet «Sauver Lavaux I» n’avait pas fait l’unanimité. Il en va de même aujourd’hui. Ainsi, l’Etat s’apprête d’ores et déjà à recevoir un grand nombre d’oppositions découlant de cette mise à l’enquête.

Loin dans les détails

«Ce plan d’affectation va loin pour la préservation de Lavaux», s’exclame Pierre Imhof, chef du service du développement territorial. 

Avec par exemple:

•  Murs et escaliers de vigne construits ou rénovés avec des mortiers adaptés aux murs et à leurs couleurs

•  Aménagement pour l’écoulement des eaux

•  Délimitation précise aux transports touristiques

•  Installation et aménagements nécessaires à l’exploitation de la vigne

•  Agrandissement de locaux souterrains

•  Rénovation des bâtiments et aménagements extérieurs, etc.

Suite à l’enquête publique, les remarques et oppositions seront traitées par le service du développement territorial et le Conseil d’Etat transmettra un projet final au Grand Conseil. C’est lui qui aura la charge d’approuver la planification de ce plan d’affectation cantonal. Son entrée en vigueur est prévue courant 2021. Ce compromis à la vaudoise ne se déroulera pas sans pépins, surtout en période de vendanges.

La séance d’information au Palais Rumine du 27 août dernier

Jacqueline de Quattro, conseillière d’Etat et Pierre Imhof, chef du SDT