Mise à feu de la charbonnière

Gil. Colliard | Samedi 11 avril, la charbonnière du Groupement forestier Broye-Jorat, érigée à l’occasion du Comptoir régional d’Oron, attendait sous sa grande bâche le moment crucial de sa mise à feu.
Un aréopage d’invités et d’intéressés s’était rassemblé, sur le coup de 11h, autour de l’imposante meule. André Jordan souligna que le Groupement forestier Broye-Jorat dont il est président du
comité, s’étend sur 2475 ha de forêts et rassemble les triages de la Haute-Broye, du Jorat et de Moudon, gérés par trois gardes forestiers. Les plus de 18’000 m³ de bois exploitables annuellement sont composés en grande partie de résineux destinés au sciage et de bois de feu appelé aujourd’hui «bois énergie».
Cette dernière catégorie autrefois composée de bûches s’est diversifiée en plaquettes, pelets, gaz. Il rappela également que le charbon de bois est encore utilisé universellement. Il remercia le comité du Comptoir régional d’Oron, le groupe des travaux d’intérêt généraux, les membres de son comité et du bureau, les entreprises Ruch, Aeschlimann et Sonnay Charpente SA, et tout particulièrement Eric Sonnay et Henri Geissbühler, les chevilles ouvrières de cette animation.

Une charbonnière empanachée en milieu urbain
Philippe Modoux, syndic d’Oron, député et maître ramoneur, déclara son plaisir de voir monter cette charbonnière sur la Place de Fête d’Oron, en milieu pour ainsi dire «urbain». Ce savoir-faire datant du 14e siècle appartient aux traditions qui tendent à disparaître. Aujourd’hui, elle fait partie intégrante de la nouvelle édition du Comptoir qui s’annonce haut en couleurs grâce à l’engagement du comité d’organisation.

La cheminée allumée par le maître ramoneur
Henri Geissbühler rappela que pour son art, il a fallu réapprendre les finesses et astuces qui se perpétuaient alors de générations en générations. Ce charbon sera d’excellente qualité car la charbonnière est intégralement composée de quartiers de fayard. Il invita Philippe Modoux à monter au sommet de la meule et à lancer dans la cheminée des bûches enflammées, démarrant ainsi la transformation du bois en charbon. Tâche à laquelle ce dernier s’acquitta avec toute la dextérité de sa profession pour qui la fumée est chose familière. Puis chacun fut invité à un apéritif servi à la buvette qui ouvrait ses portes pour plus d’une dizaine de jours.
Jusqu’au soir du 22 avril, le charbonnier veillera jour et nuit sur sa meule. A cette date, en fonction des conditions météorologiques, la meule livrera son charbon de bois qui sera étalé sur l’herbe, de nuit, pour le contrôle des tisons, avant d’être mis en sac le lendemain 23 avril.

Buvette de la charbonnière: ouverte jusqu’au 23 avril
Charbon: bon à acheter à la buvette de la charbonnière: 10 kg, Fr. 25.–. A venir chercher sur place, lors de la mise en sac, le 23 avril.
Des sacs seront disponibles lors du Marché de
Carrouge du 24 avril de 16h30 à 19h30.