Médailles !

Médailles !  |  Les médailles ont ceci de confortable qu’elles sont le résultat de performances indéniables. Certes, les éléments naturels et le mental y contribuent mais certaines substances le pourraient aussi. Le doute profitant à l’accusé, le sportif est champion jusqu’à preuve du contraire. Félicitons donc nos sportifs nationaux. Souvenons-nous de ces moments d’émotions indescriptibles pour eux et de la vague de bonheur qui a envahi chacun de nous. L’olympisme permet cela, que les médaillés soient remémorés à travers les temps bien plus qu’à travers une victoire en coupe du monde.

Les Jeux olympiques sont aussi une porte ouverte à la découverte d’un sport qu’en d’autres circonstances l’on n’aurait pas suivi ; des règles ou des stratégies nouvelles et fascinantes à même de créer une nouvelle passion, de nouveaux sports et de nouveaux champions à suivre.

Le caractère spectaculaire du sport a motivé certains à se lever de très bonne heure pour pouvoir suivre le feu de l’action en direct et être les premiers à bénéficier de l’information. On pourrait presque se prendre à reprocher le manque de spectaculaire dans la vie publique… et par conséquent le manque de médailles.

Non pas que certains de nos édiles manquent de muscles entre les oreilles ou d’un certain art dans la communication, il faut toutefois admettre que le spectaculaire ne se situe que rarement du côté productif et que même si d’aventure l’acte devenait digne d’une médaille, le souvenir de cette dernière prendrait déjà la poussière au bout de deux semaines, s’il n’était pas dézingué illico presto par la rhétorique d’un compétiteur. Les têtes qui dépassent ne sont autorisées que dans le cercle restreint de l’activité physique, lorsqu’il s’agit de la chose publique, on se doit de baisser la tête pour mieux tirer à la même corde familiale.

Si l’on insiste tout de même pour donner des médailles, il y en a pourtant quelques unes qui dérideraient bien un Comte de Champignac. Elles ne pourraient être décernées qu’à quelques champion-ne-s de l’enfumage, de la contre-production ou de l’utopisme juvénile dont la sélection en équipe nationale est passée comme une lettre à la poste vu les niveaux de qualifications.

Il ne restera dès lors à la population que le recours au test anti-dopage mais, dans ce sport là, la science nécessite encore quelques décennies pour développer les machines d’analyse…